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C/ Le monument aux morts du Lycée Lyautey (1)

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AUX ORIGINES DU MONUMENT


En mai 1945, les Alliés (Etats-Unis, URSS, Royaume-Uni, France) remportent la Victoire sur l'Allemagne nazie, mettant un terme à la Seconde Guerre mondiale en Europe. Comme d'autres établissements secondaires français, ce conflit a durement éprouvé le Lycée Lyautey de Casablanca, l'une des premières institutions scolaires créées sous le Protectorat français au Maroc.


En effet, cet établissement est issu du « Lycée en planches », fondé en 1913, dans les baraquements militaire du camp Vilgrain (laissant place de nos jours à la Banque nationale Al-Maghrib, près de la Poste principale). A partir des années 1920, ce « Lycée de Casablanca » se divise en Grand Lycée, installé quartier Mers-Sultan et en Petit Lycée, rue d'Alger (actuelle avenue Moulay Hassan Ier). Ces deux structures, réunies sous la même direction, deviennent officiellement le Lycée Lyautey en 1925, lorsque que le maréchal Lyautey, premier Résident général de la France au Maroc, quitte le Royaume chérifien, auquel il s'est tant attaché, pour retourner dans son pays d'origine. 


Après plus de cinq années de guerre donc, le Lycée Lyautey se trouve dans une situation critique : une communauté scolaire dispersée et endeuillée par ses morts, des enseignants et des élèves encore mobilisés, des compressions de locaux dues à l'accueil de services hospitaliers, des classes surchargées (dont certaines atteignent 50 élèves !)...


C'est dans ce contexte, que le proviseur M. Roby et son entourage décident d'ériger un monument, en l'honneur des élèves et professeurs du Lycée Lyautey morts pour la France de 1939 à 1945 : « Afin de perpétrer le souvenir des nombreux élèves et anciens élèves morts pour la patrie, afin de rappeler sans cesse l'exemple de leurs vertus aux générations à venir (...) » (communiqué du Lycée Lyautey, journal « Le Petit Marocain », du 8 juin 1945).



LA REALISATION DU MONUMENT


Pour rassembler la somme d'argent nécessaire à la réalisation du monument (environ 120 000 francs, selon les informations émises par les journaux de l'époque), le Lycée lance une souscription adressée aux Casablancais dans la presse locale, dès juin 1945. Ainsi le « Mémorial du Lycée » sera construit grâce à la générosité des élèves, des parents, des professeurs et amis des disparus.


Parallèlement, la direction du Lycée Lyautey se charge de recueillir les noms des professeurs et des élèves « présumés morts au Champ d'honneur », avec le souci de ne pas commettre d'erreurs ou d'omissions. Lourd travail de recherche et de vérification, qui dure près de deux années : la liste des morts à graver sur le monument passe ainsi de 62 noms en septembre 1945, à 103 (95 élèves et 8 professeurs) au milieu de l'année 1947, date à laquelle la liste officielle est enfin arrêtée.


Au cours de la même période, d'autres lycées français du Maroc prennent des initiatives semblables. Tel le Lycée Gouraud de Rabat (le futur Lycée Descartes), qui honore ses 105 morts avec un monument très touchant, inauguré en 1946 dans son enceinte (bâtiments qui accueillent de nos jours le Lycée Hassan II). Le Lycée Gouraud publie également un très beau « Livre d'or », en hommage à ses morts, où chaque ligne est un appel à la mémoire et à la reconnaissance face au sacrifice ultime de cette jeunesse brillante et débordante de vie.


Dès 1945, le Lycée Lyautey envisage aussi d'imprimer son « Livre d'or », orné des 225 citations, 6 Médailles militaires, 23 Légions d'honneur et, suprême distinction, 1 Croix de Compagnon de la Libération obtenues par ses élèves et professeurs pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais ce projet ne se concrétisera malheureusement pas...



L'EMPLACEMENT INITIAL DU MONUMENT ET SA DESCRIPTION


Le « Mémorial du Lycée » est édifié durant l'année 1947, dans la cour d'honneur du Grand Lycée Lyautey (enceinte en partie utilisée, aujourd'hui, par un autre établissement de renom, le Lycée Mohammed V).


Il est constitué par un mur de maçonnerie, revêtu d'une plaque de marbre, d'environ 6 mètres 30 de long sur 2 mètres 30 de haut, sur laquelle sont gravés les noms des « 103 morts au Champ d'honneur du Lycée » (et non 104, comme c'est affirmé à l'époque dans la presse locale). Cet ensemble est surmonté, à l'arrière plan, par une stèle de granit, de 3 mètres de haut, qui contient un médaillon de bronze, sculpté à l'effigie de Pierre Simonet, professeur agrégé de Lettres classiques.


Ce monument a été conçu et dessiné bénévolement par les architectes Marius-Antide Boyer et Pierre Chassagne. Le médaillon de Pierre Simonet étant l'oeuvre de M. Piat, lui-même professeur (d'Arts plastiques) au Lycée Lyautey.



95 ELEVES ET 8 PROFESSEURS MORTS POUR LA FRANCE


Durant la Seconde Guerre mondiale, les élèves et les professeurs du Lycée Lyautey, mobilisés ou engagés volontaires, appartiennent alors pour la plupart à l'armée (française) d'Afrique, dont les effectifs sont constitués de Français et de « musulmans » (pour reprendre la terminologie de l'époque) d'Afrique du Nord.


La majorité est incorporée dans l'infanterie (surtout au sein des régiments de tirailleurs marocains) tel Jean-Marie Humblot de Gérus sous-lieutenant d'infanterie de ligne (en 1939), d'autres s'engagent dans l'artillerie ou les unités de chars, comme Edmond Maynil au sein du 8e régiment de chasseurs d'Afrique (en 1943) ou Titus Guerini caporal dans la 2e division blindée (en 1943), enfin certains optent pour la marine ou l'aviation à l'exemple de Max Guedj, pilote dans les Forces françaises aériennes libres (FFAL) au sein de la Royal Air Force.


Ils combattent sur divers fronts : campagne de France en 1939-1940, campagne de Tunisie et libération de la Corse en 1943, campagne d’Italie en 1943-1944, libération de la France en 1944-1945, campagne d'Allemagne et d'Autriche en 1945. 95 élèves et 8 professeurs ne sont jamais revenus de ces combats, faisant « le suprême sacrifice à la patrie en danger ». « Offrant leur jeunesse généreuse », beaucoup sont tués durant la rude campagne d'Italie, aux côtés de leurs frères d'armes marocains, rivalisant de courage et d'abnégation...


Guy Martinet, élève du Lycée Lyautey incorporé en 1943 dans les tirailleurs marocains, évoquera le destin tragique de ses camarades disparus au cours de cette campagne d'Italie, dont les noms figurent sur le « Mémorial du Lycée » :  « Louis Guillote c'était mon frère d'armes, son père avait été tué au cours de la guerre de 14-18 (...) Durant la campagne d'Italie, au début de l'année 1944, il partit une nuit en mission commando, au nord de Cassino, dans une vallée minée par les Allemands. Je me suis dit alors qu'il allait vers une mort certaine. La dernière image que j'ai de lui c'est avec son poignard à la main. (...) De nombreux élèves du Lycée Lyautey sont morts en héros en Italie. C'est le cas en particulier de Henri le Masne de Chermont, qui était un élève très fort en mathématiques, s'étant destiné à Polytechnique (...) Sur la Costa San Pietro, en 1944, il arrêta une contre-attaque allemande en se portant à son contact et en demandant un violent barrage d'artillerie sur sa propre position pour être certain de la précision du tir d'arrêt. Il se sacrifia ainsi pour que ses camarades, des tirailleurs marocains, à court de munitions, puissent tenir leurs lignes. » Evoquons également le cas de l'élève Maurice Lafuente, jeune homme plein d'ardeur, engagé au 2e régiment de tirailleurs marocains, qui est mortellement blessé, fin mai 1944, lors de l'offensive victorieuse du Garigliano, alors qu'il portait fièrement, noué à la taille, un drapeau tricolore.


Si aucun nom de combattants marocains n'est gravé sur le monument du Lycée Lyautey, c'est que parmi ces nombreux soldats morts pour la France de 1939 à 1945, nul n'est passé par cet établissement. Dans les années 1940, le nombre d'élèves « musulmans » admis dans le système scolaire français, au Maroc, est d'ailleurs très faible : en septembre 1946, le Lycée Lyautey en compte 73 sur un total de 1688 élèves, soit moins de 5 % des effectifs !


Parmi les 103 noms gravés sur le monument, la figure héroïque de Pierre Simonet occupe une place particulière, liée à sa destinée exemplaire et tragique.


PIERRE SIMONET, UNE FIGURE HEROIQUE DU LYCEE LYAUTEY


Pierre Simonet est né en 1890 dans les Vosges. Professeur agrégé de Lettres classiques, il se révèle vite un éducateur remarquable.


Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, il se distingue à plusieurs reprises, comme aviateur. Son avion abattu quatre fois dans des combats aériens épiques, il est gravement blessé et doit être trépané (ouverture de la boîte crânienne). Son courage lui vaut alors d'être cité à l'ordre de l'armée française.


A la fin des années 1930, ce héros de 14-18 enseigne au Lycée Lyautey de Casablanca. Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, Pierre Simonet part de nouveau sous les drapeaux, avec le grade de commandant d'aviation. Son sens exceptionnel du devoir est une nouvelle fois salué par une citation à l'ordre de l'armée et lui vaut d'être promu Commandeur de la Légion d'honneur.


Meurtri par la défaite de 1940, il se résigne à retrouver son bureau de classe pour mieux préparer ses élèves à la revanche... Il lui arrive, en effet, souvent de se lancer dans de longs discours enflammés sur la nécessité de reprendre un jour le combat pour libérer la France. Paroles prononcées parfois debout sur une table, au fond de la classe ! Ses cours de lettres se transforment, ainsi, en véritable forum civique et patriotique. En 1943, après le débarquement américain au Maroc, Pierre Simonet joint les actes à ses paroles : trop âgé pour être mobilisé d'office dans l'armée française (il a 53 ans), il s'engage comme volontaire, bien que marié et père de deux enfants. Parachuté dans les Vosges afin de prendre contact avec la résistance française intérieure, il est arrêté par les Allemands, qui le déportent dans le camp de concentration de Dachau. C'est là, qu'il rend son dernier souffle, en janvier 1945, non sans avoir auparavant démontré encore toute sa force morale, en encourageant ses camarades captifs à tenir, malgré les conditions de vie épouvantables dans le camp et le sadisme des gardes SS.


Quelques mois après la fin de la guerre, les autorités françaises décident de rendre hommage à cet homme héroïque, mort en martyr dans les geôles nazies. Le 28 janvier 1946, est inaugurée l'avenue Pierre Simonet (actuelle avenue du 2 mars), qui passe devant le Grand Lycée Lyautey. Choix symbolique, qui est l'occasion d'une cérémonie officielle rassemblant de nombreuses personnalités civiles et militaires, dont le Résident général de la France au Maroc, M. Puaux. Ce dernier associe ainsi le gouvernement de la République française à l'hommage rendu à la mémoire de Pierre Simonet, qui « prend place dans la Cité pour y vivre désormais honoré comme un précieux exemple par les générations futures. » (journal « Le Petit Marocain », du 28-29 janvier 1946).


Un autre destin héroïque et tragique peut symboliser le courage et l'abnegation des élèves et professeurs du Lycée Lyautey engagés durant la Seconde Guerre mondiale. Son nom est inscrit dans le marbre du monument mais ses exploits sont tombés dans l'oubli... Max Guedj, l'un des 1038 Compagnons de la Libération !  


MAX GUEDJ, L'UN DES 1038 COMPAGNONS DE LA LIBERATION


Né en 1913, Max Guedj entame dans l'Entre-deux-Guerre un brillant cursus scolaire sur les bancs du Lycée Lyautey, lui permettant de poursuivre des études de droit, qui le ménent au Barreau de Casablanca.


Lorsque éclate la Seconde Guerre mondiale en 1939, ce jeune avocat ne peut obtenir de rejoindre une unité combattante dans le Nord de la France. La défaite française de juin  1940 le surprend alors qu'il est toujours à Casablanca. Refusant cette fatalité et désireux de suivre la voie de l'Honneur tracée par le général de Gaulle, Max Guedj s'embarque à Tanger pour l'Angleterre dès septembre 1940.


Il rejoint alors les Forces françaises aériennes libres (FFAL) en formation. Promu sous-lieutenant, il obtient son brevet militaire de pilote d'avion en août 1941. Il intègre la Royal Air Force (RAF) où il s'illustre dans de nombreuses missions contre l'ennemi sur des avions Beaufighters et Mosquitos. Ses qualités lui valent d'être promu successivement chef d'escadrille, commandant de groupe (squadron leader) et lieutenant-colonel (wing-commander) de la RAF, incroyable ascension qui se traduit par le grade de commandant dans les FAFL. Max Guedj n'a pas 35 ans !


Il disparaît le 15 janvier 1945 lors d'une mission au-dessus de la mer du Nord, après 600 heures de vol, 160 missions, dont 127 de torpillage, au cours desquelles il a abattu ou endommagé 4 Junker 88, coulé 25 bateaux et en a endommagé 10.


De tels états de service ont été récompensés par de nombreuses distinctions, dont certaines à titre posthume : Compagnon de la Libération, Commandeur de la Légion d'honneur,  Croix de guerre avec 7 palmes, Distinguished flying cross and bar, Distinguished service order and bar.


Le 15 janvier 1948, une plaque commémorative en l'honneur de Max Guedj est apposée dans l'une des cours du Palais de justice de Casablanca. Elle figure aujourd'hui, à la demande de Madame Guedj, dans l'émouvant et solennel Musée de l'Ordre de la Libération aux Invalides, à Paris.


Christophe TOURON, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1995-2007) et au Collège Royal à Rabat (2003-2007). 


Date de création : 08/10/2004 @ 16:10
Dernière modification : 09/02/2007 @ 15:48
Catégorie : 2-Des lieux de mémoire
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Le Projet pédagogique 2002-2003

1-Le projet en images et ses prolongements en 2004 et 2005

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Le Projet pédagogique 2005-2006

1-Le projet en images et ses prolongements en 2007


2-Acteurs et partenaires


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4-Calendrier et descriptif de l'action


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