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2-Des lieux de mémoire - A/ Le cimetière de Ben M'sick au seuil des années 2000 (1)

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BEN M'SICK : LE PLUS GRAND CIMETIERE MILITAIRE FRANCAIS


A la fin des années 1950, le Maroc compte 328 cimetières militaires français, répartis sur tout le Royaume. Aujourd'hui, après le rapatriement progressif de milliers de dépouilles en France et des regroupements successifs, il n'en demeure que 7, où reposent 16 563 corps de soldats de l'armée française morts au Maroc : à Casablanca, Rabat, Kénitra, Fès, Meknès, Marrakech et Agadir.


Le cimetière de Ben M'Sick, à Casablanca, est la plus importante de ces nécropoles, avec 10 857 sépultures. C'est dans ce carré militaire que tous les regroupements ont été effectués depuis 1963, à l'exception des tombes musulmanes, car l'Islam interdit en théorie d'exhumer les morts. Quant aux soldats marocains tombés pour la France, durant les deux conflits mondiaux, sur les divers champs de bataille d'Europe, d'Orient et d'Afrique du Nord, ils reposent encore sur les lieux où ils se sont illustrés, comme c'est souvent la tradition pour de nombreux pays.


Si le cimetière de Ben M'Sick ne contient donc aucune sépulture marocaine, il présente néanmoins un caractère international avec ses tombes françaises, britanniques et allemandes, auxquelles s'ajoute un monument américain. Ainsi, ce lieu de mémoire permet de retracer certains épisodes douloureux des deux guerres mondiales et d'une histoire commune à la France et au Maroc...



LES SECTIONS DE LA MARINE FRANCAISE


223 marins de la marine de guerre, dont 15 officiers, reposent dans les sections 20 et 23 du carré militaire français, morts pour la plupart durant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les 223 tombes, 106 portent la mention « Inconnu », leur corps n'ayant pu être identifié. Un monument, devant la section 20, constitué d'une ancre de marine a été élevé pour leur rendre hommage.


Dans une autre section, excentrée, 30 tombes d'officiers et marins de la marine de commerce requis, témoignent, quant à elles, du tribut payé par la marine marchande pendant la Seconde Guerre mondiale.



LA SECTION 20 : LES DRAMES DU PLUTON ET DE LA RAILLEUSE


De nombreux marins, morts lors des explosions des navires du Pluton et de la Railleuse, sont enterrés dans la section 20 du carré militaire français.


Mis en service en 1931 dans le cadre du programme de réarmement naval de la France, le Pluton est un croiseur, mouilleur de mines. Il est transformé, en 1939, en bâtiment école d'application. Le Pluton possède alors un important armement antiaérien et 300 mines. Ces dernières sont à l'origine de l'explosion accidentelle, qui survient le 13 septembre 1939, dans le port de Casablanca. Cette tragédie entraîne la mort de 215 marins sur les 406 hommes que comptait l'équipage au complet. L'explosion, d'une violence inouïe, est ressentie dans toute la ville ; la plupart des victimes ne peuvent être identifiées. 68 d'entre elles sont enterrées dans la section 20 avec la mention « Inconnu ». Le Pluton est le premier navire français, d'une très longue liste, à disparaître en 1939-1945...


Le drame se répète dans le port de Casablanca, le 23 mars 1940 : la Railleuse, torpilleur mis en service en 1928, qui a coulé un sous-marin allemand en décembre 1939, est détruit par l'explosion de ses trois torpilles de la plate-forme avant et de trois réservoirs d'air comprimé. Le bâtiment coule en quelques minutes, sa partie centrale complètement éventrée. Cet accident, dont l'origine est demeurée indéterminée par la commission d'enquête, provoque 28 morts.



LA SECTION 23 : LES VICTIMES DU DEBARQUEMENT AMERICAIN AU MAROC, EN NOVEMBRE 1942


Outre une quarantaine d'anciens légionnaires, décédés au Maroc lors de leur retraite, surtout dans les années 1960-1970, la section 23 réunit les corps de 111 marins tués lors du débarquement allié au Maroc. Tous ces marins et officiers portent la mention « Mort pour la France ».


Le 8 novembre 1942, l'opération Torch est déclenchée : les Alliés (Anglais et Américains) débarquent au Maroc et en Algérie, qui appartiennent alors à l'Afrique du Nord française, restée fidèle au régime de Vichy, qui pratique une collaboration d'Etat avec l'Allemagne nazie. Au Maroc, la résistance des troupes, sous l'autorité du Résident général Noguès, est particulièrement vive. Près de 500 marins français meurent dans des combats aussi acharnés qu'inutiles, qui se déroulent d'abord en mer, puis à terre, aux abords de Casablanca. Plusieurs bateaux de guerre et sous-marins sont coulés tels le Boulonnais, le Primauguet, le Brestois, le Fougueux ou encore le Frondeur.



LA SECTION 21 : LES TIRAILLEURS SENEGALAIS


La section 21 du carré militaire français comprend 209 tombes, dont 119 sépultures animistes. Quelques unes portent la mention « Mort pour la France ». Il s'agit essentiellement de tirailleurs sénégalais décédés entre le début des années 1930 et 1956, particulièrement durant la période 1941-1945.


Dès les débuts du Protectorat de la France sur le Maroc, des unités sénégalaises participent aux opérations militaires contre les tribus, qui résistent à la pénétration française. Après s'être illustrés sur les champs de bataille européens de la Première Guerre mondiale, des régiments de tirailleurs sénégalais (RTS) participent à nouveau aux opérations de « pacification », jusqu'en 1934. Durant la Seconde Guerre mondiale, des troupes sénégalaises tiennent toujours garnison au Maroc. C'est là, au cours de leur service, que les Sénégalais, enterrés dans la section 21, sont morts de maladies, d'accidents divers ou parfois au combat, comme lors du débarquement américain. Plusieurs de ces tirailleurs sont issus du 6e RTS, dont les bataillons, en novembre 1942, sont répartis, sur les villes de Fès, Casablanca et Marrakech. Ce régiment participe ensuite à la libération de la France au sein de la 9e division d'infanterie coloniale.



LE MONUMENT AMERICAIN


Les 500 soldats américains, environ, tombés lors du débarquement au Maroc, en novembre 1942, sont d'abord enterrés dans le cimetière de Ben M'Sick. Après la guerre, leurs corps sont tous rapatriés aux Etats-Unis. Pendant de nombreuses années, aucune tombe, aucun monument ne rappelle, au Maroc, le sacrifice de ces hommes lors de l'opération Torch, qui constitue une étape importante vers la libération de l'Europe, de 1943 à 1945.


Lors du 50e anniversaire du débarquement allié en Afrique du Nord, en 1992, ce vide est comblé avec l'inauguration d'un monument américain, dans le cimetière de Ben M'Sick, en l'honneur de la « United States Western Task Force », qui a débarqué au Maroc et dont les soldats « ont contribué de manière inestimable au succès des opérations alliées qui ont suivi ».



Jean-Pierre RIERA, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1997-    ).


Christophe TOURON, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1995-2007) et au Collège Royal à Rabat (2003-2007).


Date de création : 09/10/2004 @ 15:10
Dernière modification : 29/07/2014 @ 11:54
Catégorie : 2-Des lieux de mémoire
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