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A/ La cérémonie commémorative du 11 Novembre 1918

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LA SIGNIFICATION DU 11 NOVEMBRE 1918


Le 11 novembre 1918, l'armistice est signé entre les Alliés (France, Royaume-Uni, Etats-Unis) et l'Allemagne. Cette date marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale, dont l'Allemagne sort vaincue. L'immense boucherie, qui dure depuis août 1914, s'achève enfin.


Devenu jour de recueillement, le 11 novembre rappelle ainsi le sacrifice de ceux qui sont morts durant la Grande Guerre et les terribles souffrances endurées par les « poilus », « tommies » ou « landsers » ; termes populaires désignant respectivement les combattants des tranchées français, britanniques et allemands.




LE CONTEXTE DE LA SIGNATURE DE L'ARMISTICE


Après l'offensive des Alliés, au mois d'août 1918, les lignes allemandes craquent. En parlant de la journée du 8 août, Ludendorff, alors chef d'état-major, évoquera « un jour de deuil pour l'armée allemande ». Fin septembre, il est de plus en plus difficile aux soldats allemands de maintenir les positions sur lesquelles ils se sont repliés. Mais les plus mauvaises nouvelles proviennent des alliés de l'Allemagne qui, l'un après l'autre, s'effondrent et demandent la cessation des combats : le 29 septembre, la Bulgarie, le 31 octobre, l'Empire ottoman (turc), enfin le 3 novembre, l'Empire d'Autriche-Hongrie.


L'armistice du 11 novembre est néanmoins une surprise, car personne ne s'attendait à une fin rapide de la guerre avec l'Allemagne. C'est pourtant bien cette dernière qui adresse une demande de négociations, le 4 octobre, aux Etats-Unis. Le commandement allemand, très inquiet d'une possible rupture du front, cherche à sauver une armée qui recule, certes, mais en bon ordre, et à épargner à l'Allemagne une invasion humiliante de son territoire. Les Alliés sont alors très divisés sur ce qu'ils souhaitent imposer au vaincu, ce qui présage bien mal de l'avenir et laisse entrevoir des difficultés pour l'élaboration du futur traité de paix.


Les Français qui, à juste titre, estiment avoir fait les plus gros sacrifices pour assurer la victoire ne veulent pas se laisser déborder par les volontés des Anglo-Saxons. Ils préparent une grande offensive en Lorraine. Faut-il l'exécuter et entrer en Allemagne, afin de faire sentir aux Allemands le poids de la défaite ou doit-on en finir au plus vite, afin d'épargner un sang déjà amplement répandu ? Finalement, c'est la deuxième solution qui l'emporte, pourtant, nombreux sont ceux qui trouvent que la victoire est inachevée. Le 24 octobre, le président américain Wilson, dans une note qu'il adresse à Berlin, demande, comme préalable à l'armistice, la capitulation militaire, la fin du pouvoir impérial et l'installation de la démocratie. Alors que l'Allemagne connaît des troubles révolutionnaires, l'empereur Guillaume II se résout à abdiquer le 9 novembre. Le pouvoir est transmis à un nouveau chancelier, Ebert et la République est proclamée.




LA SIGNATURE DE L'ARMISTICE A RETHONDES


Avant même l'abdication de Guillaume II, une délégation allemande est envoyée, afin de demander les conditions d'armistice. Foch, maréchal de France commandant en chef des armées alliées, décide de les accueillir à Rethondes, en forêt de Compiègne, dans le train où il a établi son poste de commandement pendant la guerre.


Le 7 novembre, les Allemands sont reçus dans le wagon du maréchal Foch, où ils prennent connaissance des conditions d'armistice. Foch exige une réponse pour le 11 novembre. Le dimanche 10, le chef d'état-major, Hindenburg, et le chancelier Ebert donnent l'ordre à la délégation de conclure l'armistice. Dans la nuit du 10 au 11 novembre, les plénipotentiaires allemands font savoir qu'ils sont donc prêts à reprendre les discussions. Foch les fait entrer dans son wagon et c'est le général Weygand, futur chef malheureux de l'armée française lors de la défaite de juin 1940, qui donne lecture des 34 articles du texte ! Après avoir vainement tenté d'obtenir quelques adoucissements, les délégués présents apposent leur signature sur le document ; il est 5 h du matin ce 11 novembre.


A la 11e heure, du 11e jour du 11e mois, les hostilités prennent fin après cinquante et un mois de guerre. A Paris, 1200 coups de canons sont tirés, la sonnerie de l'armistice retentit sur l'ensemble du front alors que les cloches sonnent dans toute la France. A 10 h 50, dix minutes avant que le clairon ne sonne le cessez-le-feu, l'agent de liaison Auguste Trébuchon, appartenant à la 163e division d'infanterie, est tué par une balle, alors qu'il portait un ordre concernant le rassemblement de son régiment. Le dernier mort français de la Grande Guerre vient de tomber.




LE 11 NOVEMBRE 1918, JOUR DE VICTOIRE MAIS AUSSI DE DEUIL


Le jour même de la victoire, d'immenses fêtes collectives éclatent spontanément dans toute la France, partout fleurissent les drapeaux des vainqueurs, dans une ambiance qui frôle parfois l'hystérie. Pourtant, dans les rues, bien des gens ont le visage grave, de nombreuses personnes portent un brassard noir, signe de la perte d'un proche. C'est à ceux qui ne sont plus là, aux blessés et aux mutilés, que l'on pense aussi en ce jour de victoire. Tant de gens sont concernés !


Le cercle de deuil qui s'étend autour des 1,4 million de morts français concerne toute la nation, parents, grands-parents, épouses, fiancées, enfants, oncles... La joie de la victoire est bien vite oubliée pour laisser place au deuil de masse, au chagrin et au souvenir. Lors du fameux défilé de la victoire, le 14 juillet 1919, c'est un immense cénotaphe, tombe symbolique, qui est dressé sous l'Arc de Triomphe, à Paris. Prélude à une « religion du souvenir » empreinte de ferveur populaire, exprimée lors de commémorations autour des innombrables monuments aux morts. Le jour de la victoire se transforme ainsi rapidement en un jour de deuil.


Pour la génération perdue naît un ensemble tragique : unité de temps, le 11 novembre, unité de lieu, le monument aux morts, unité d'action, la cérémonie commémorative.




LA CELEBRATION DU 11 NOVEMBRE ET LE SOLDAT INCONNU


L'idée d'honorer un soldat inconnu, mort au champ d'honneur, est née dès 1916 ; elle est adoptée en 1918. La date retenue pour la cérémonie tout comme le lieu de l'exhumation du défunt ne font aucun doute, il ne peut s'agir que du 11 novembre et de Verdun.


Le 10 novembre 1920, dans la citadelle de Verdun, le soldat Auguste Thin, choisit parmi plusieurs cercueils d'inconnus, celui qui doit reposer sous l'Arc de Triomphe. Le lendemain, le corps est transporté jusqu'au Panthéon, puis il est amené à l'Arc de Triomphe sur un affût de canon, escorté par des mutilés. Tout au long de cette journée, le corps est accompagné d'une famille fictive : une veuve de guerre, des parents ayant perdu leur fils, un orphelin. Le corps, d'abord déposé dans une chapelle ardente au premier étage de l'Arc est ensuite inhumé sous sa voûte, le 28 janvier 1921.


Ce premier hommage est suivi d'un second : le 24 octobre 1922, le Parlement déclare le 11 novembre fête nationale. Ce jour restera, jusqu'à l'inscription du 8 mai 1945 dans le calendrier commémoratif national, la date unique du souvenir patriotique.


Parallèlement, en 1923, devant de nombreuses associations de vétérans, André Maginot, ministre de la Guerre et des Pensions, allume la Flamme du Souvenir, située sous l'Arc de Triomphe. Depuis, le Comité de la Flamme a la tâche de la raviver chaque jour au crépuscule.




LE 11 NOVEMBRE DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE


Le 22 juin 1940, c'est d'une toute autre célébration dont il s'agit. Hitler, vainqueur de la France, remet au goût du jour le célèbre wagon de Foch et la clairière de Rethondes, dans une parodie de 11 novembre. Pour mieux signifier aux Français l'étendue de leur défaite et rendre l'humiliation plus forte encore, c'est ce lieu, hautement symbolique, qui est choisi par le dictateur pour faire signer à la France un désastreux armistice, venant sceller plus d'un mois de débâcle militaire, malgré le courage des combattants de l'armée française. Dès 1940, le wagon est emmené en Allemagne pour y être exposé. Il sera incendié par des SS en 1945, lors de l'effondrement du IIIe Reich.


En 1940, alors que la célébration du 11 novembre est interdite par l'occupant, ce sont des étudiants courageux et patriotes qui, bravant cette interdiction, manifestent à Paris et marchent vers l'Etoile pour fêter envers et contre tout, l'anniversaire de la victoire de 1918. Dans le même temps, à Montparnasse, une autre manifestation se déroule en faveur du général de Gaulle, au cours de laquelle des étudiants portent sur leurs épaules deux cannes à pêche : deux gaules - de Gaulle ! Rassemblement qui est brutalement réprimé par les Allemands. Certains ministres du gouvernement de Vichy traitent publiquement ces événements de « déplorables manifestations de petits jeunes gens » !


Collaboration oblige, le 11 novembre n'est pas fêté en zone libre. Il ne faudrait pas, après l'entrevue de Montoire et la célèbre poignée de main entre Pétain et Hitler, froisser le vainqueur de 1940 ! La journée est donc transformée en un simple deuil national. Au Maroc, pourtant sous l'autorité de Vichy, la commémoration garde tout son sens et un certain éclat.


Les Allemands eux, fêtent à leur manière l'Armistice de 1918, c'est le 11 novembre 1940, qu'ils commencent l'expulsion de dizaines de milliers de Lorrains, arrachés à leurs foyers sans pouvoir emporter autre chose qu'une valise !


Après la libération de Paris, le Premier ministre britannique, Winston Churchill, vient s'incliner devant le soldat inconnu, aux côtés du général de Gaulle, le 11 novembre 1944. La cérémonie commémorative retrouve, ce jour-là, sa pleine signification, et acquiert une dimension supplémentaire dans le contexte euphorique de la Libération. Comme pour le 11 novembre 1945, c'est l'occasion d'un défilé où les troupes de la Victoire sont mises à l'honneur, parmi lesquelles de nombreux combattants marocains !




LA CELEBRATION DU 11 NOVEMBRE 1918 AU MAROC, DE NOS JOURS


Chaque année au Maroc, le 11 novembre est l'occasion de cérémonies du souvenir organisées par les Consulats français, l'Attaché de Défense auprès de l'Ambassade de France et le Service des Anciens Combattants de l'armée française.


Aujourd'hui il ne s'agit plus de fêter la victoire sur l'Allemagne, devenu le partenaire le plus proche de la France, en Europe, mais de rendre hommage à toutes les victimes de la Grande Guerre, dans un esprit de concorde européenne et de fraternité internationale.


A Casablanca, la commémoration se déroule parmi les carrés militaires du cimetière de Ben M'Sick. L'assistance, présente pour cette occasion, est composée de personnalités civiles et militaires internationales (françaises, marocaines, allemandes, anglaises, américaines...), d'anciens combattants (désormais, uniquement des vétérans de la Seconde Guerre mondiale et des guerres de décolonisation), de représentants des différents cultes et d'une foule de participants répondant au devoir de mémoire.


Des élèves du Lycée Lyautey de Casablanca ainsi que de l'école américaine sont régulièrement associés à la cérémonie. Ils assistent les personnalités lors du dépôt des gerbes et donnent lecture, devant l'assistance, de lettres de soldats de la Première Guerre mondiale ou de poèmes. Par leur participation effective, ces jeunes montrent que le souvenir, de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie sur les champs de bataille, se transmet au fil des générations.


L'hommage rendu, ce jour-là à Casablanca, est particulièrement symbolique du fait de son caractère international. Partant de l'ancien columbarium, le cortège s'arrête devant les carrés militaires et/ou les différents monuments, français, allemand, britannique et américain du cimetière. Le rituel est immuable : à chaque arrêt, un dépôt de gerbe, quelques secondes de recueillement, la sonnerie « Aux morts » exécutée par un clairon de la marine et une minute de silence. Puis, le cortège retourne vers l'ancien columbarium pour la lecture de textes par les élèves. La parole est ensuite laissée aux représentants religieux, pour des prières oecuméniques, prononcées successivement par un imam, un rabbin, un prêtre catholique et deux pasteurs protestants.


Le 11 novembre, au Maroc, doit nous rappeler enfin le sacrifice des tirailleurs et des spahis marocains tombés en Europe, aux côtés de leurs camarades français, britanniques, américains et toujours enterrés sur les lieux de leurs combats durant la Grande Guerre. Venus de leur terre de soleil pour défendre le sol de France dans la boue des tranchées, ils ont contribué à tisser les liens profonds qui, à travers l'Histoire, ont uni le Maroc et la France, jusqu'à nos jours.




Jean-Pierre RIERA, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1997-    ).


Date de création : 14/10/2004 @ 16:39
Dernière modification : 09/02/2007 @ 16:05
Catégorie : 1-Des temps du souvenir
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