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2-Des lieux de mémoire - B/ Le cimetière de Ben M'sick au seuil des années 2000 (2)

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LE CARRE BRITANNIQUE ET DU COMMONWEALTH


Les militaires inhumés dans le carré du Commonwealth (association d'Etats réunis par leur allégeance à la Couronne britannique) au nombre de 48, sont des Britanniques, des Canadiens mais aussi des Sud Africains, appartenant à leurs armées de l'air et de mer respectives. Des marins de la marine marchande réquisitionnés y reposent également. Tous sont décédés pendant la Seconde Guerre mondiale et la plupart dans des opérations en Afrique du Nord.


Parmi ces tombes, celle du maréchal Sir Claude Auchinleck, surnommé « Le faucon ». Brillant officier de carrière, il commande, en 1942, la 8e armée britannique, qui se bat en Afrique du Nord contre l'Afrika Korps du général allemand Rommel. Après six mois de retraite, Auchinleck arrive à stopper son adversaire, en juillet 1942, à 100 km d'Alexandrie. Mais il est finalement remplacé, en août, par le général Montgomery, à qui reviendra l'honneur de la victoire finale contre Rommel...


Alors que c'est bien Auchinleck qui a remarquablement préparé la défense contre les assauts de Rommel et la reprise de l'offensive ! En 1947, Auchinleck est nommé commandant suprême en Inde et au Pakistan, quelques mois avant de partir à la retraite. Retiré à Marrakech en 1969, Auchinleck y décède en 1981. Il a demandé à être enterré sur cette terre d'Afrique du Nord, qui le fascinait tant et où il a combattu avec ses hommes.



LE CARRE ALLEMAND


Le carré allemand contient les corps de 120 soldats de la Première Guerre mondiale et 224 de la Seconde Guerre mondiale, morts en captivité au Maroc. Pendant la Première Guerre mondiale c'est près de 5500 soldats allemands, prisonniers de guerre, qui sont envoyés au Maroc. Enfermés dans des camps de prisonniers, comme celui d'Aïn-el-Beïda, près de Casablanca, ils sont employés à divers travaux d'utilité publique, tels que la réfection des routes. Devant les plaintes de l'Allemagne, qui dénonce alors les mauvaises conditions de détention de ces prisonniers dans des « colonies insalubres », des pays neutres organisent des missions d'inspection. Celles-ci ne peuvent que constater les bons traitements infligés aux prisonniers allemands. A la fin de la guerre, nombre d'entre eux demande, d'ailleurs, à rester au Maroc, sans que cela leur soit accordé par les autorités françaises !


En décembre 1944, alors que la Seconde Guerre mondiale arrive bientôt à son terme, près de 14 500 soldats allemands (et près de 12 000 soldats italiens) sont internés dans divers camps de prisonniers : 400 officiers à Ouarzazate, 1500 sous-officiers à Ksar Es Souk, les autres troupes sur l'ensemble du territoire. Ces captifs, comme en 14-18, peuvent être employés à des tâches d'intérêt général, encouragées par le gouvernement français. Ainsi à Casablanca, des prisonniers allemands et italiens travaillent pour les soeurs de l'orphelinat et l'école de la Maison d'Anfa, de 1945 à 1947, des centaines d'autres sur divers chantiers...


Les conditions de détention au Maroc, et plus généralement en Afrique du Nord, sont plus mauvaises que durant la Première Guerre mondiale. Par exemple, à Bou Arfa, au Maroc oriental, plusieurs prisonniers attrapent la malaria à cause d'une eau insalubre ; partout les baraquements sont décrits comme inhumains, la nourriture insuffisante, la discipline extrêmement sévère... Tandis que des prisonniers meurent des suites de leurs blessures au combat, après avoir été rapatriés dans des hôpitaux au Maroc, d'autres décèdent à cause de ces conditions de détention. Dans ce contexte, la Légion étrangère recrute des prisonniers allemands au Maroc, heureux de fuir une captivité éprouvante et parfois un passé nazi encombrant !



LES DEUX COLUMBARIUMS


Le cimetière de Ben M'Sick comporte deux columbariums. Le premier date de 1937, le second de 1963. Ces deux cryptes ont été construites afin de rassembler les sépultures militaires, dispersées sur l'ensemble du territoire marocain et ne pouvant être efficacement gardiennées ou entretenues. Ces deux columbariums abritent environ 9500 corps de soldats de l'armée française qui sont tués lors des différentes opérations de « pacification ».


Chargé d'instaurer le Protectorat français, Lyautey, premier Résident général du Maroc, organise l'occupation du pays, au nom du sultan, à partir de 1912. Malgré un important déploiement de forces, la conquête, appelée « pacification », est longue et difficile : il faut 22 ans pour dominer le pays. Cette résistance opiniâtre des valeureux « guerriers de l'Atlas » a souvent forcé le respect des Français eux-mêmes !



L'ESPLANADE DU SOUVENIR


Au milieu du carré français une esplanade du souvenir a été aménagée avec quatre monuments. L'un des plus émouvants est celui de la déportation : élevé en 1953, ce mémorial est constitué d'une urne renfermant de la terre de plusieurs camps de concentration et d'extermination nazis, dont celui d'Auschwitz. A proximité, est élevée une plaque commémorative, sur laquelle on peut lire : « A ses soldats morts au combat - la France reconnaissante ». Ce mémorial, flanqué du drapeau marocain et du drapeau français, lors des cérémonies commémoratives, est l'occasion d'évoquer une mémoire militaire commune à la France et au Maroc : l'engagement de dizaines de milliers de soldats marocains dans les rangs de l'armée française, durant les deux conflits mondiaux.



UN HAUT LIEU DE MEMOIRE


Chaque 11 novembre, au cimetière de Ben M'Sick, Français, Marocains, Allemands, Britanniques et Américains, rendent ensemble hommage à leurs morts durant les deux guerres mondiales. Ce lieu, propice au recueillement et au souvenir, nous rappelle ainsi la cruauté des guerres et le courage des hommes. Les corps des soldats français, britanniques et allemands, reposant côte à côte, témoignent d'une histoire douloureuse, mais ils délivrent aussi un message de paix, en démontrant qu'il est possible de « réconcilier les peuples au-dessus des tombes ». Par le message dont il est porteur, le cimetière de Ben M'Sick doit susciter la réflexion des jeunes générations, afin de retenir les leçons du passé...



Jean-Pierre RIERA, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1997-    ).


Christophe TOURON, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1995-2007) et au Collège Royal à Rabat (2003-2007).


Date de création : 14/10/2004 @ 16:42
Dernière modification : 29/07/2014 @ 11:53
Catégorie : 2-Des lieux de mémoire
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