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B/ Les spahis marocains sur le front de l'Ouest (1914-1916) et dans l'armée d'Orient (1917-1918)

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LES ESCADRONS DE CHASSEURS INDIGENES A CHEVAL DEBARQUENT EN FRANCE : AOUT 1914


En 1914, les troupes auxiliaires marocaines comptent onze escadrons de cavalerie, soit à peu près 2 200 hommes. Dès le 15 août, Lyautey propose de les envoyer en France et confie à leur égard : « [...] Ils rendront même en France des services réels car très braves et perçants, excellents à la poursuite et comparables aux cosaques [...] ». Il faut dire que Lyautey a fort à faire pour convaincre les autorités françaises d'accepter pour la guerre en Europe ces cavaliers marocains : « [...] Ils ont moins d'initiative individuelle que les cavaliers algériens. Ils ignorent naturellement la langue française et ne peuvent rapporter ni transmettre un renseignement. [...] D'autre part, les chevaux marocains n'ont pas de fond, ils sont généralement tarés, n'ont ni poids ni vitesse et sont très inférieurs aux chevaux algériens sous tous les rapports sauf celui de la rusticité. Il résulte de ces données qu'il paraît difficile d'employer, soit pour l'exploration, soit pour la sûreté, soit surtout pour le choc, les escadrons de chasseurs indigènes [...] ».


Malgré les très nombreuses réticences de l'état-major français, Lyautey s'entête, foncièrement convaincu des qualités guerrières de ces hommes : « [...] Je vous garantis que vous pouvez lancer ces escadrons contre n'importe quoi. Prenez-les. Je vous le demande instamment, vous en serez content [...] ».


Avant même d'avoir la réponse de Paris, un régiment de marche est formé avec cinq escadrons de spahis, sous les ordres du chef d'escadrons, le lieutenant-colonel Dupertuis. Les officiers et sous-officiers français, qui encadrent ces spahis, ont tous une solide expérience des combats au Maroc, ils parlent l'arabe et sont très proches de leurs soldats. Le 18 août, l'insistance du Résident général est enfin récompensée, Paris cède et accepte la venue sur le sol de France de ces cavaliers du soleil.


Embarqués à Rabat et Kenitra, ils sont rassemblés sur la plage de Sète et y bivouaquent, le 29 août 1914. Arrivée en France, cette troupe prend le nom curieux de régiment de marche de chasseurs indigènes à cheval (RMCIC), avant de devenir en janvier 1915, après l'entrée officielle du Maroc dans la guerre aux côtés de la France, le régiment de marche de spahis marocains (RMSM). Quatre escadrons sont opérationnels, alors que le 5e est à l'arrière, stationné en réserve au dépôt des chasseurs " indigènes " d'Arles, où transitent les nouvelles recrues et les escadrons de relève venant du Maroc destinés à être intégrés au régiment.


LES SPAHIS MAROCAINS SUR LE FRONT DE L'OUEST : 1914-1916


Le 1er septembre 1914, les chasseurs " indigènes " sont transportés par voie ferrée dans la région d'Epernay. Là, ils rejoignent le corps de cavalerie du général Conneau et sont chargés de la protection du poste de commandement pendant la bataille de la Marne.


De la mi-septembre à la mi-novembre, le régiment est souvent engagé avec succès dans la course à la mer, de la Champagne aux Flandres, suivant l'ennemi au plus près. Les Spahis donnent alors toute satisfaction au commandement. Désormais, ils seront engagés dans les missions les plus périlleuses. En novembre 1914, ils montent en Belgique et servent pendant la bataille de l'Yser.


Les pertes de l'hiver 1914-1915 entraînent une première réorganisation, bientôt une partie des hommes abandonne ses chevaux pour s'initier à la guerre des tranchées. Pour eux, la guerre change de nature. Les spahis habitués aux grands espaces du Maroc, aux charges et poursuites à cheval doivent descendre dans la tranchée et rester immobiles de longues heures dans le froid et la boue. Le service des tranchées dure théoriquement sept jours, pendant lesquels une patrouille de nuit est à conduire dans les lignes allemandes. Bien vite le service se fait plus lourd et monte à quinze, vingt-quatre et parfois même vingt-sept jours avant la relève !


Le RMSM se déplace sur le front, on le retrouve dans de nombreuses grandes batailles : en 1915, il est en Champagne, il passe aux Eparges, puis en Artois, toujours en première ligne. Ces hommes excellent dans les patrouilles, les coups de main et les embuscades à l'arme blanche. Ces missions demandent de l'entraînement, de l'expérience et beaucoup de sang froid pour gagner sans se faire repérer la tranchée d'en face et en rapporter armes, prisonniers, renseignements. Partout, les spahis sont remarqués pour leur courage, leur ténacité et leur habileté.


De nombreuses citations personnelles illustrent ce courage : « Faisant partie d'une patrouille de nuit chargée d'attaquer un poste ennemi, s'est élancé à la tête de son escouade dans la tranchée où il fut gravement blessé, a eu sa carabine fracassée entre ses mains, voulait rester malgré sa blessure et ne se retira que sur les ordres formels de son chef. » Ou encore : « Blessé à son poste de guetteur le 23 mai 1916, ayant eu l'épaule traversée et une artère rompue, perdant son sang en abondance, a eu l'énergie de rester à son poste d'observation jusqu'à ce que l'officier de quart le relevât. A refusé de se laisser transporter au poste de secours et s'y est rendu à pied. »


En septembre 1915, les escadrons servant en France sont remplacés par des troupes fraîches venant du Maroc, qui transitent par Arles. L'escadron relevé donne alors ses chevaux et son matériel à l'escadron qui vient prendre la relève.


Avec les spahis algériens et tunisiens, qui servent dans les unités marocaines, l'entente n'est pas toujours très cordiale, de vieux antagonismes refont surface et les tensions sont souvent vives. Tout cela complique inutilement la tâche des chefs. Les spahis algériens et tunisiens sont donc progressivement retirés des unités marocaines car mal acceptés. En revanche, les gradés de même origine, reconnus et appréciés pour leurs qualités d'instructeurs, restent au régiment.


En avril 1916, les Marocains sont engagés sur la Somme pendant la préparation de la grande offensive franco-britannique qui doit permettre une percée et soulager le front de Verdun. Ils multiplient alors les reconnaissances et les coups de main dans les lignes ennemies, ramenant de précieux renseignements et des prisonniers. Fin 1916, on les retrouve dans l'Oise pour une période d'instruction et à la mi-novembre ils sont de service aux tranchées dans le secteur de Compiègne.


LES SPAHIS MAROCAINS S'ILLUSTRENT DANS L'ARMEE D'ORIENT : 1917


Depuis 1915, les alliés franco-britanniques sont engagés dans des opérations navales et terrestres ayant pour but de s'emparer des détroits contrôlés par l'Empire ottoman. Le but est, non seulement, d'affaiblir la Sublime Porte mais aussi de briser l'isolement de la Russie en lui permettant de se ravitailler par la Méditerranée. Mais ces opérations des Dardanelles et de Gallipoli mal engagées et mal conduites tournent rapidement au désastre. Les troupes françaises et britanniques rapatriées des Dardanelles s'installent, le 5 octobre 1916, à Salonique (Grèce) pour y former une tête de pont, avec pour objectif de venir en aide à la Serbie et d'ouvrir un nouveau front en Europe. Ce sont ces troupes que les Marocains vont rejoindre.


Le RMSM, retiré du front, est regroupé à Lyon en janvier 1917 pour être affecté à l'armée d'Orient du général Sarrail. Les 24 et 25 février, il embarque à Marseille et à Toulon sur deux cargos avec armes et bagages sans oublier bien sûr les chevaux. Pendant la traversée, les cargos sont escortés par deux torpilleurs dont l'un se nomme Spahi ! Le 3 mars, le régiment touche les côtes grecques en rade de Salonique.


Le 12 juin 1917, alors que la Grèce n'est pas encore totalement entrée dans le camp des Alliés, des combats très violents se déroulent à Larissa, opposant des Grecs fidèles au roi Constantin à des troupes de l'armée d'Orient. Au cours de cette journée, les spahis tombent dans une embuscade tendue par les Evzones (soldats grecs de l'infanterie légère) qui leur tirent dessus à bout portant et tuent trois cavaliers. Mais la réaction des Marocains est salutaire et les spahis s'illustrent en poursuivant l'ennemi à cheval et en faisant de nombreux prisonniers parmi les redoutables Evzones grecs. A l'issue du combat, plusieurs dizaines de soldats grecs sont tués ou blessés pour la plupart au sabre au cours de la charge et lors de la poursuite menées par les spahis. Pour son action ce jour là, le sous-lieutenant Verselippe, décoré par le général Sarrail, est fait chevalier de la Légion d'honneur. Le brigadier Zaaïma Tayeb ben Khaffala est cité à l'ordre de l'armée : « Brillante conduite. S'est emparé d'un drapeau. Signé Sarrail. »


En Albanie, le 7 septembre 1917, le régiment participe à l'attaque des positions autrichiennes entre le lac d'Okrida et le lac Malik, l'objectif étant la ville de Pogradec. La région, boisée et très montagneuse, est difficile d'accès. Les Marocains s'approchent à cheval sur d'étroits sentiers de montagne faisant preuve de la plus grande discrétion, puis ils mettent pied à terre et franchissent sous le feu ennemi la petite rivière du Dévoli. Le 9, les retranchements autrichiens des contreforts du Kamia (2 150 mètres d'altitude) sont enlevés à la baïonnette et nettoyés à la grenade. Le 10, le RMSM atteint son objectif et entre aussi à la baïonnette dans Pogradec, défendue par des Allemands. Les pertes sont lourdes, 29 tués, 62 blessés. Le régiment reçoit, pour ce glorieux fait d'armes, sa première citation à l'ordre de l'armée : « Entraîné par son chef, le colonel Dupertuis, au cours de quatre journées et quatre nuits de combats ininterrompus, a forcé le passage du Dévoli, bousculé dans un terrain difficile et montagneux des bandes d'irréguliers, enlevé de haute lutte, sur une profondeur de 18 kilomètres, des ouvrages défendus par les troupes autrichiennes, pénétré à la baïonnette dans le village de Pogradec tenu par des contingents allemands, les refoulant au nord du village et assurant ainsi le plein succès de la manœuvre débordante qui lui avait été assignée. A donné un superbe exemple d'énergie et d'audace ; s'est emparé de plusieurs canons, de mitrailleuses ; de nombreux prisonniers et d'un important matériel. »


En octobre, les hommes opèrent dans la même région autour d'un torrent violent et encaissé au milieu de falaises de 300 à 400 mètres de hauteur, le Skumbi. Le 19, le torrent d'accès très difficile est traversé sous le feu de l'ennemi, les hommes doivent progresser avec de l'eau jusqu'à la ceinture, la rive adverse est conquise. Le lendemain, une forte redoute autrichienne, défendue par de nombreuses mitrailleuses et des réseaux de barbelés, est prise : les défenseurs se font tuer sur place, mais côté Marocains aussi, les pertes sont sévères. Le 21 octobre, les conditions météo sont très mauvaises, de violents orages éclatent, il fait très froid, le terrain transformé en boue est difficilement praticable. Les Autrichiens en profitent pour contre-attaquer et parviennent à chasser les spahis et à reprendre la redoute ! 15 hommes sont tués ce jour-là et les nombreux blessés sont évacués dans des conditions très difficiles par des chemins de montagne rendus encore plus dangereux par les intempéries. C'est en sens inverse que le régiment doit franchir, avec son matériel et ses blessés, les eaux glaciales du Skumbi.


Pour ces combats acharnés, le RMSM reçoit une deuxième citation à l'ordre de l'armée, payée au prix fort par la vie de 33 de ses spahis.


DES RUDES MONTAGNES D'ALBANIE AUX PLAINES DU DANUBE : 1918


Le RMSM passe l'hiver 1917-1918, dans la région de Pogradec, en Albanie. Malgré des conditions climatiques toujours très rudes (persistance de la neige), les opérations reprennent en avril 1918 : les cavaliers progressent dans la neige et sous la pluie glacée, toujours dans des régions montagneuses, dont les sommets culminent à près de 2000 mètres d'altitude.


Mai, juin, juillet voient leurs lots d'offensives avec attaques de positions fortifiées et poursuites dans les massifs montagneux de l'Ostrovista, du Kamia et du Bofnia à une petite trentaine de kilomètres au sud-ouest du lac d'Okrida. Ces combats apportent aux spahis leur troisième citation à l'ordre de l'armée : « [...] Malgré la résistance opiniâtre et les contre-attaques répétées de l'ennemi, malgré les difficultés du terrain, malgré la chaleur accablante, a conservé constamment le même entrain, le même esprit de sacrifice, a brisé toutes les résistances, dépassant de près de 40 kilomètres le premier objectif qui lui avait été assigné, faisant plusieurs centaines de prisonniers et s emparant de matériel et d'approvisionnements très importants. »


Les hommes mais aussi leurs chevaux sont mis à très rude épreuve et sont épuisés. Ces derniers servent aussi à transporter les vivres : au début d'une offensive de montagne prévue pour durer six jours, chaque animal doit ainsi emporter trente-six kilos de nourriture ! L'aviation vient souvent en renfort du régiment avec ses photos aériennes, qui permettent l'étude du terrain et facilitent ainsi la progression dans des zones aux reliefs particulièrement hachés. Du matériel de rechange pour les hommes et les chevaux est aussi largué par avion, comme des clous et des fers qui s'usent vite sur les sentiers très accidentés des montagnes d'Albanie.


Avant l'offensive décisive qui se prépare, les hommes goûtent un repos bien mérité. Il faut dire que, depuis trois mois, les spahis sont sans arrêt sur la brèche dans ce relief si difficile de l'Est de l'Albanie. Les pertes sont sensibles et le moral s'en ressent. Depuis son arrivée à Salonique, le RMSM compte 100 tués, 83 spahis et 17 officiers et sous-officiers, sans oublier les très nombreux blessés. Pour compléter les rangs, le régiment reçoit, début septembre, le renfort de troupes fraîches venues du Maroc, 250 spahis accompagnés de 200 chevaux.


Le 15 septembre 1918, l'armée d'Orient lance une grande offensive qui va se révéler décisive contre l'Empire austro-hongrois. Le front est crevé, la 11e armée allemande (essentiellement formée de troupes bulgares) doit engager sa retraite vers le nord de la Serbie. Le RMSM est lancé, au sein de la brigade de cavalerie du général Jouinot-Gambetta, pour s'emparer de la ville d'Uskub (aujourd'hui Skopje), véritable verrou de la région. Il s'agit alors d'empêcher la retraite de l'adversaire et de fermer la nasse. Après plusieurs jours de marche en montagne, en empruntant des sentiers muletiers extrêmement difficiles, la brigade se présente devant Uskub, le 29 au matin. La ville est attaquée par les spahis, dotés d'un bien maigre équipement : des sabres, des carabines et quelques mitrailleuses. Uskub tombe malgré tout vers midi, quatre divisions allemandes sont coupées du gros de la 11e armée ! 330 prisonniers, de grosses pièces d'artillerie, 100 voitures, 1 000 têtes de bétail sont capturées, sans oublier les cuisines roulantes où fume une soupe cuite à point, que nos Marocains mangent sous les yeux incrédules des cuisiniers allemands ! Devant l'offensive victorieuse de l'armée d'Orient, la Bulgarie est contrainte, la première à signer l'armistice.


De son côté, le RMSM, mis à la disposition de l'armée serbe, poursuit les soldats autrichiens dans leur retraite. Sur un terrain difficile et sous une pluie incessante, il harcèle l'adversaire, atteint le Danube le 21 octobre et se tient prêt à franchir le fleuve pour entrer en Hongrie.


Le 11 novembre 1918, l'armistice est signé avec l'Allemagne, tandis que le régiment obtient sa cinquième citation à l'ordre de l'armée française, la quatrième lui ayant été décernée pour la prise d'Uskub. Par la suite, il participe à l'occupation de la Hongrie, de la Bulgarie, de Constantinople, avant de s'embarquer en juillet 1920 pour rejoindre Beyrouth et ouvrir ainsi une nouvelle page de son histoire...


Jean-Pierre RIERA, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1997-    ).


Date de création : 14/10/2004 @ 16:48
Dernière modification : 17/03/2007 @ 00:35
Catégorie : 1-Le Maroc aux côtés de la France dans la Grande Guerre
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Le Projet pédagogique 2002-2003

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Le Projet pédagogique 2005-2006

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