trans

 

Accueil
Accueil

 

Bibliographie
Bibliographie

 

Diaporama
Diaporama

 

 

Admin
Admin

trans

Mémoire partagée, destins croisés

 1-Des temps du souvenir
 2-Des lieux de mémoire
 3-Une institution et des hommes

trans

Une histoire commune

 1-Le Maroc aux côtés de la France dans la Grande Guerre
 2-Frères d'armes marocains et français
(1939-1945)
 3-Débarquement américain et vie quotidienne
(1939-1945)

trans

Deux témoignages inédits

1-Commandant Gustave George, officier au 1er régiment de marche de tirailleurs marocains, 1914-1915 (travail du Club d'Histoire du Lycée Lyautey, animé par Odile NAIM)


2-Paul Brandenburg, un Français du Maroc engagé dans le 12e Cuirassiers de la 2e DB, 1944-1945

trans

Liens

- Liens Frères d'armes marocains et français dans les deux guerres mondiales - Mémoire partagée


trans

Recherche

trans

trans

Visites

  visiteurs

  visiteurs en ligne

trans

trans

K/ L'engagement des Français du Maroc (1)

Diaporama


LA POPULATION FRANCAISE ET EUROPEENNE AU MAROC, A LA VEILLE DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE


En 1936, la population européenne compte environ 300 000 personnes (sans les militaires), tandis que la population marocaine est évaluée à 6 775 000 habitants. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'accroissement de la population européenne est très fort. L'existence du Protectorat français depuis 1912, la proximité du Maroc avec l'Europe et ses nombreux attraits expliquent cette croissance. Il en est de même dans toute l'Afrique du Nord française (AFN). C'est le cas, en particulier de l'Algérie, colonie divisée en départements français, dont la population européenne est la plus nombreuse d'AFN, avec environ 900 000 habitants.


Comme en Algérie, les Français constituent, au Maroc, l'élément le plus important de la colonie européenne : près des 2/3. La législation du Protectorat y contribue, en favorisant l'intégration des ressortissants européens, Espagnols et Italiens essentiellement : des lois permettent à leurs enfants nés au Maroc d'obtenir la nationalité française automatiquement.


Environ 80 % de la population européenne réside dans les villes, dont près de 30 % à Casablanca. La structure sociale de cette colonie européenne est très contrastée. A côté d'une minorité de « grands notables » (environ 4500 individus), qui détiennent les rênes politiques et économiques du Protectorat, on observe une majorité de classes moyennes. La base de l'échelle sociale, véritable prolétariat originaire surtout d'Europe méditerranéenne, est particulièrement importante à Casablanca.



LA MOBILISATION EN SEPTEMBRE 1939


Lorsque éclate la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1939, les classes mobilisables (les hommes valides de 20 à 48 ans), vivant au Maroc, sont rappelées sous les drapeaux, comme c'est le cas dans toute la France et son Empire colonial. Des milliers de réservistes rejoignent ainsi leur centre mobilisateur, tels le camp Buehaillard à Port-Lyautey (Kénitra), le camp Garnier à Rabat, les camps Boulhaut, de Sour-Djedid ou de La Jonquière à Casablanca et dans ses environs. De là, ils gagnent progressivement leurs unités d'affectation, qui appartiennent pour la plupart à l'armée d'Afrique.


Celle-ci désigne l'ensemble des formations militaires françaises issues d'Afrique du Nord. Sa composition associe les Français et les « Musulmans » (selon le vocabulaire de l'époque ») d'AFN. On y observe également des militaires de carrière et des réservistes, originaires de la France métropolitaine. Dans les unités formées au Maroc, les ressortissants français représentent environ 25 % des effectifs dans les régiments de tirailleurs marocains, 30 % dans les régiments de spahis marocains, 60 % dans l'artillerie, 50 % dans le Génie (les services techniques) et les unités du Train (les transports), enfin 20 % dans les goums (troupes supplétives devenues régulières en 1913 chargées de faire régner l'ordre et la sécurité dans le Royaume).


Beaucoup moins nombreux que les Marocains, les Français constituent cependant l'essentiel des cadres, comme officiers ou sous-officiers. Gradés qui sont très liés à leurs hommes et qui contribuent à forger un esprit de cohésion dans ces unités, qui bénéficient, en outre, des qualités remarquables inhérentes aux soldats marocains.


Après le passage dans leur centre mobilisateur, de nombreux Français du Maroc sont transférés rapidement vers la France, car plusieurs régiments de l'armée d'Afrique y sont déjà stationnés. D'autres les rejoindront dans les mois suivants. De Casablanca, de Port Lyautey, d'Oran, d'Alger ou de Tunis, les Français d'AFN s'embarquent ainsi pour défendre un pays qui est leur, mais que beaucoup ne connaissent qu'au travers de récits et de cartes postales. Arrivés dans les ports du sud de la France (Sète, Marseille, Bordeaux...), ils sont acheminés ensuite sur les frontières du Nord et de l'Est, où ils vivent pendant huit mois au rythme de la « drôle de guerre ».



LA DEFAITE DE JUIN 1940


Dans la lutte désespérée qui marque les journées de mai-juin 1940, les unités de tirailleurs et de spahis, où combattent côte à côte Marocains et Français du Maroc, s'illustrent à de maintes reprises par leur vaillance et leur détermination : à Gembloux, La Horgne, Haubourdin ou Annonay. A titre individuel, les actes héroïques sont multiples. A cette époque, la presse française du Maroc se fait l'écho, dans ses colonnes, du sacrifice de cette jeunesse d'AFN.


Citons l'attitude exemplaire de Jean-Marie Humblot de Gérus, ancien élève du Lycée Gouraud de Rabat puis du Lycée Lyautey de Casablanca, devenu officier de carrière avant-guerre, qui lui vaut cette citation à titre posthume, avec nomination dans l'ordre de la Légion d'honneur : « Officier de haute valeur morale, magnifique exemple de devoir et d'abnégation. Deux fois blessé au matin du 9 juin 1940, a conservé son commandement, refusant les soins que voulaient lui prodiguer ses hommes, les maintenant à leur emplacement de combat contre les éléments ennemis arrivés au corps à corps, les galvanisant par sa volonté farouche de résistance et son esprit de sacrifice. Est tombé mortellement atteint d'une troisième blessure au cours du combat ».


A la fin du mois de juin 1940, l'armée française compte environ 65 000 tués et près de 1 850 000 prisonniers. Les appelés du Maroc qui ont échappé à la mort et à la captivité, sont alors démobilisés. Dans un pays choqué et désorganisé par la défaite, le retour au Maroc s'effectue souvent laborieusement et dans une ambiance des plus lourdes...



LES ANNEES 1940-1942


A partir de l'été 1940, les jeunes d'Afrique du Nord sont soumis au service dans les Chantiers de Jeunesse (CDJ), créés par le régime de Vichy du maréchal Pétain, à la même enseigne que leurs concitoyens de métropole. Dans sa vingtième année, chaque français, s'il ne s'est pas encore acquitté de ses devoirs militaires, doit alors rejoindre pendant huit mois l'un des 43 camps des CDJ, installés en zone libre ainsi qu'en AFN. Ces CDJ, avec peu de moyens, constituent un substitut du service militaire sans armes, comparable à du scoutisme. Au Maroc, les Chantiers de Jeunesse sont regroupés au camp Boulhaut (groupement 101 surnommé « Weygand »). Fin 1942, les 40 000 cadres, appelés et anciens appelés des CDJ d'Afrique du Nord joueront un rôle important dans la réorganisation de l'armée d'Afrique...


Dans les années 1940-1942, la majorité des Français du Maroc, comme leurs concitoyens de métropole, reste attentiste après le choc de la défaite. Nombreux sont ceux qui contribuent néanmoins à la réussite du camouflage de soldats et de matériel de guerre, à l'insu des commissions germano-italiennes, présentes au Maroc pour vérifier que l'armée d'Afrique respecte les restrictions en homme et en matériel, prévues par l'armistice de juin 1940. Avec le concours de la population marocaine, militaires et civils (gardes-forestiers, fonctionnaires, agriculteurs...), contribuent ainsi à préparer la revanche, élaborée par des officiers français dans toute l'AFN.


Des Français du Maroc ne peuvent attendre cette revanche à venir. Après la défaite de 1940, quelques-uns partent pour l'Angleterre rejoindre la France libre du général de Gaulle. D'autres choisissent de rester pour s'engager dans la Résistance. Des groupes clandestins se constituent dans les principales villes du Maroc : tels le groupe Richert à Fès, l'organisation Valabrègue et le groupe Fournier à Casablanca. Ces deux derniers groupes de résistance sont, d'ailleurs, les seuls de toute l'AFN à bénéficier d'une livraison d'armes par les Américains, quelques jours avant l'opération Torch : le débarquement des Alliés au Maroc et en Algérie. Au cours de cette opération, un civil français se distingue tout particulièrement : René Malevergne.



L'HEROISME D'UN CIVIL FRANCAIS AU SERVICE DE L'US NAVY DANS L'OPERATION TORCH : LE 10 NOVEMBRE 1942


Au début de la guerre, René Malevergne, pilote de marine marchande, vit à Mehdia, là où le fleuve Sebou se jette dans l'Atlantique. Après l'armistice de juin 1940, sa maison familiale se transforme en refuge clandestin pour les pilotes français et anglais cherchant à s'échapper vers l'Angleterre. Certaines nuits, Malevergne accompagne ainsi, en barque, deux ou trois aviateurs vers un bateau qui attend au large. Arrêté par la Gestapo (police politique allemande), qui le soupçonne de vouloir mettre son expérience de pilote-marin au service des Alliés, Malevergne est interné à Rabat puis en France, pour y être jugé.


Renvoyé à Casablanca sous liberté conditionnelle, il est sollicité par les services secrets américains, qui organisent sa fuite vers les Etats-Unis, où il accepte une mission des plus périlleuses : le 10 novembre 1942, dans le cadre de l'opération Torch, il pilote successivement deux navires américains, chargés de remonter le fleuve Sebou, truffé d'obstacles, sur plusieurs kilomètres, avec pour objectif l'aéroport stratégique de Port-Lyautey. Malevergne remplit sa mission avec habileté, sous le feu nourri des troupes françaises obéissant aux ordres de Vichy. Cet acte héroïque lui vaudra par la suite deux décorations et citations américaines, dont la Navy Cross, décernée pour la première fois à un civil étranger !



Jean-Pierre RIERA, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1997-    ).


Christophe TOURON, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1995-2007) et au Collège Royal à Rabat (2003-2007).


Date de création : 14/10/2004 @ 16:58
Dernière modification : 17/11/2013 @ 21:22
Catégorie : 2-Frères d'armes marocains et français
(1939-1945)

Page lue 6630 fois

Prévisualiser la pagePrévisualiser la page

  

Imprimer la pageImprimer la page

Le Projet pédagogique 2002-2003

1-Le projet en images et ses prolongements en 2004 et 2005

2-Acteurs et partenaires

3-Objectifs

4-Calendrier et descriptif de l'action

5-Remerciements

6-Présentation de l'exposition

7-Deux poèmes émouvants

8-Programme du voyage pédagogique en France

trans

Le Projet pédagogique 2005-2006

1-Le projet en images et ses prolongements en 2007


2-Acteurs et partenaires


3-Présentation générale du projet


4-Calendrier et descriptif de l'action


5-Présentation de l'ouvrage "Ana ! Frères d'armes marocains dans les deux guerres mondiales" et Remerciements


6-Présentation de l'exposition sur les soldats marocains en 14-18 et 39-45


7-Présentation du recueil numérique sur le Carré musulman de Douaumont


8-Recueil de poèmes rédigés par les élèves


9-Textes d'élèves primés au concours "André Maginot"


10-Programme du voyage pédagogique en France

trans

trans

Haut

trans

Site fonctionnant sous GuppY v3.0p1 - GNU Public License - © 2002-2004