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 1-Le Maroc aux côtés de la France dans la Grande Guerre
 2-Frères d'armes marocains et français
(1939-1945)
 3-Débarquement américain et vie quotidienne
(1939-1945)

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Deux témoignages inédits

1-Commandant Gustave George, officier au 1er régiment de marche de tirailleurs marocains, 1914-1915 (travail du Club d'Histoire du Lycée Lyautey, animé par Odile NAIM)


2-Paul Brandenburg, un Français du Maroc engagé dans le 12e Cuirassiers de la 2e DB, 1944-1945

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L/ L'engagement des Français du Maroc (2)

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UNE NOUVELLE MOBILISATION DES FRANCAIS D'AFRIQUE DU NORD, A PARTIR DE NOVEMBRE 1942


L'arrivée des Américains marque la fin du régime de Vichy au Maroc et en Algérie. En basculant officiellement dans le camp des Alliés, l'AFN s'engage de nouveau dans la guerre contre le nazisme et le fascisme. L'armée d'Afrique, noyau de la future armée française de libération, est alors réorganisée et équipée avec du matériel américain. Ce qui permet de créer huit divisions, en 1943-1944.


Pour répondre aux besoins en effectifs, on fait appel à toutes les ressources en personnel existantes : outre les troupes gaullistes de la première heure et les évadés de France, ce sont les populations (« musulmane » et française) d'AFN qui vont fournir l'effort principal. Dès le 14 novembre 1942, la mobilisation des ressortissants français est décrétée dans toute l'Afrique du Nord. Cette mobilisation va progressivement concerner vingt-et-une classes, de 1924 à 1944 ! En novembre 1944, on compte ainsi sous les drapeaux 128 100 mobilisés d'AFN, dont 25 000 Français du Maroc.



DES MILLIERS D'ENGAGES VOLONTAIRES


Parallèlement aux appelés, des milliers de jeunes, n'ayant pas encore l'âge requis, s'engagent volontairement dans une atmosphère fiévreuse et enthousiaste : tels Jean Mailho (17 ans et demi), encore sur les bancs du Lycée Gouraud de Rabat, Alfred Bauer (17 ans et demi), qui vient d'achever ses études dans une école technique, Michel Chauvin (19 ans), tout juste auréolé de son brevet industriel. Trois jeunes français du Maroc, qui iront jusqu'au bout de leur destin...


D'autres hommes, en théorie non mobilisables, se portent également volontaires, par patriotisme : c'est le cas, par exemple, de Pio d'Amico, dessinateur architecte à Rabat, pourtant réformé depuis 1937, de Pierre Simonet, professeur au Lycée Lyautey de Casablanca, alors qu'il a 53 ans, et dont la destinée à la fois héroïque et tragique se terminera dans le camp de concentration de Dachau... Tous n'ont alors qu'une idée en tête, participer de près ou de loin à la libération de la France !


Fin 1944, on compte ainsi 48 400 engagés volontaires ou réengagés d'AFN, parmi lesquels 16 000 Français du Maroc.



HOMMES ET FEMMES COTE A COTE


Ces hommes intègrent toutes les armes : infanterie, marine, aviation. Ils sont incorporés, en majorité, dans les troupes de l'armée d'Afrique, surtout au sein des régiments de tirailleurs. A titre indicatif, sur les 105 élèves, anciens élèves et professeurs, qui figureront dans le « Livre d'or » du Lycée Gouraud pour être tombés au Champ d'honneur, environ 1/3 sont des tirailleurs. D'autres sont affectés dans les unités de blindés, d'artillerie, du Génie, de goumiers ou de spahis, tel Michel Jobert, originaire de la région de Meknès, officier au 3e régiment de spahis marocains (3e RSM) et qui sera ministre sous la Ve République...


Quelques centaines intègrent la 2e division blindée (2e DB), en formation à Temara près de Rabat, durant l'année 1943 et le début de l'année 1944. C'est le cas, par exemple, de Paul Brandenburg, âgé de 19 ans, habitant à Casablanca, qui entre chez les « Leclerc » après avoir suivi une instruction de l'arme blindée à Benslimane. C'est aussi celui de Titus Guerini ou de Claude Massenet, à peine plus âgés et qui tomberont tous les deux, au cours des combats de la libération de la France. A Marrakech, trois élèves du Lycée Mangin, Marc Casanova, Jean-Luc Geronimi et Jacques Diot, décident de s'engager également dans cette unité, qu'ils vont rejoindre à pied ! Sur la route Casablanca-Rabat, ils sont pris en auto-stop par un véhicule militaire... Quelle est alors leur surprise lorsqu'ils se retrouvent à côté du général Leclerc en personne, faisant ainsi une entrée très remarquée au sein de la 2e DB !     


Parallèlement, afin de participer au renouveau de l'armée de l'air française, environ 4000 jeunes (dont 70 % issus d'AFN), âgés de 18 à 24 ans en moyenne, tous volontaires, sont progressivement rassemblés au Centre de Préparation du Personnel Navigant (CPPN) du camp Cazes, à Casablanca. De là, ils partent aux Etats-Unis pour suivre une formation de pilote, vécue par la plupart comme une « merveilleuse aventure », avant de s'illustrer dans les combats de la libération de l'Europe...


Des femmes s'engagent, également, dans différents corps de services au sein de l'armée. Dans toute l'AFN, des affiches encouragent ces engagements :  « Jeunes filles, engagez-vous, votre place dans les bureaux permettra à un homme de prendre les armes pour reformer notre armée. »


Solange Cuvillier, originaire de Casablanca, rentre ainsi à l'école des ambulancières-secouristes. Après avoir terminé sa formation, elle intègre en mars 1943, un bataillon médical, mis à la disposition de l'armée d'Afrique. Telles ses autres camarades, Solange Cuvillier va devenir  « madame Croix-Rouge », comme aimeront à les surnommer les tirailleurs marocains.


A Rabat, une vingtaine de femmes signe pour « les Rochambelles », des ambulancières appartenant à la 2e DB. Parties de New York, « les Rochambelles » arrivent à Rabat, en septembre 1943. Elles sont d'abord 19, conduisant elles-mêmes leurs ambulances, sous les ordres de Suzanne Torrès. A Rabat, elles doublent leur effectif en recrutant des volontaires, pour la plupart de jeunes françaises vivant au Maroc, surnommées affectueusement « les Marocaines » par leurs camarades. Pendant sept mois, toutes vivent dans un vieux bateau délabré sur les quais du Bou Regreg, au pied de la Tour Hassan : « la Péniche » ! Et devant laquelle sont alignées quotidiennement leurs dix-neuf ambulances, portant, pour certaines, des noms évocateurs, tel « la baraka ». C'est sur ce bateau et à Temara, que « les Rochambelles » suivent un entraînement rigoureux en vue des combats pour la libération de la France...


Des femmes entrent également dans le corps des transmissions, nouvellement créé par le général Merlin. Au Maroc, ces futures « merlinettes » reçoivent leur formation à Rabat. Le général Merlin les met alors en condition :  « Attendez-vous à des jours sans charme et sans confort, le travail intensif sera votre seule distraction ! » 


Dès la campagne de Tunisie et jusqu'au coeur du Reich terrassé, les « merlinettes », à l'instar des ambulancières, seront de toutes les opérations menées par l'armée française, s'illustrant par leurs compétences, leur dévouement et leur courage...   


UN EFFORT DE GUERRE CONSIDERABLE DES FRANCAIS DU MAROC


176 500 hommes et quelques milliers de femmes d'Afrique du Nord, dont 41 000 du Maroc, servent ainsi sous l'uniforme, en novembre 1944, soit 16 % de la population française d'AFN. Au Maroc, ce chiffre atteint 19 %. Sur la base d'une population métropolitaine de 40 millions d'habitants, à l'époque, ce pourcentage se traduirait en France par la levée de plus de 7 millions d'hommes. Or en 1918, la France alignait guère plus de 5 millions de combattants. C'est dire l'effort sans précédent qui est accompli par la population française du Maroc et plus globalement d'AFN. Le nombre de « Musulmans », plus élevé (233 000), ne représente cependant que 1,6 % de la population totale maghrébine.


Pour former ces milliers de soldats, des dizaines de centres d'instruction sont ouverts dans toute l'Afrique du Nord ainsi que six écoles pour les gradés, dont l'école des aspirants de Cherchell-Médiouna, qui forment des cadres de grande qualité, qui se distingueront au cours des combats de la libération.



AVEC LEURS FRERES D'ARMES MAROCAINS DANS LES COMBATS DE LA LIBERATION : 1943-1945


De 1943 à 1945, les Français du Maroc, avec leurs frères d'armes marocains, prennent une part essentielle à la libération de l'Europe et de la France. Ils participent ainsi à plusieurs campagnes : Tunisie, Sicile et Corse en 1943, Italie en 1943-1944, France en 1944-1945, enfin Allemagne et Autriche en 1945.


L'arrivée en France en août 1944 constitue pour ces soldats un des moments les plus émouvants de la guerre, qu'il se déroule sur les côtes normandes ou provençales. Dans ses mémoires, le maréchal de Lattre de Tassigny évoquera cet instant unique, qu'il connu le 16 août en Provence ; et bien que la majorité des Français du Maroc débarquèrent dans les jours suivants, ce témoignage permet de cerner l'état d'esprit qui pouvait les animer en abordant le littoral français :  « (...) le 16, à 17 heures, la minute attendue fiévreusement arrive enfin (...) D'un seul élan sur tous les navires, tandis que montent  les couleurs, la Marseillaise éclate, la plus poignante qu'on ait jamais entendue. (...) Dans la splendeur lumineuse de cette soirée d'été provençale, avides, les yeux embués, le coeur étreint, tous regardent la terre qui leur apporte le premier sourire de la France retrouvée. »


Dès la campagne de Tunisie, l'attitude au combat des unités de l'armée d'Afrique suscite une admiration croissante des Alliés et des Allemands eux-mêmes. On parle alors beaucoup, fort légitimement, des formidables combattants marocains. Mais pour être complet, il ne faut pas oublier le rôle joué par leurs camarades français, rivalisant de bravoure et d'abnégation, comme simples soldats ou comme gradés. Guy Martinet, sous-officier au 4e régiment de tirailleurs marocains (4e RTM), en Italie, précisera à ce sujet : « Les soldats marocains ne marchaient que si les officiers et les sous officiers français étaient devant, en montrant l'exemple. » Propos corroborés par les pourcentages de pertes chez les officiers du CEF, au cours de la campagne d'Italie : 11 % d'officiers tués et 23 % blessés, le reste de la troupe comptant pour sa part 5 % de tués et 22 % de blessés.  


De 1943 à 1945 des milliers de citations sont décernées aux soldats français d'AFN, en reconnaissance de leur vaillance et de leur dévouement. Ainsi cette citation à titre posthume : « Giacomoni André, Paul, sous-lieutenant de régiment de tirailleurs marocains. A fait preuve des plus belles qualités militaires au cours des opérations dans les Abruzzes du 15 décembre 1943 au 12 janvier 1944. A trouvé une mort glorieuse le 12 janvier 1944 à la Costa San Pietro, alors qu'il se trouvait à la tête de sa section à la poursuite de l'ennemi qu'il venait de chasser d'une position solidement tenue. Demeurera pour son unité un symbole de jeunesse ardente et héroïque. »


D'autres soldats tout aussi courageux ont heureusement plus de chance. C'est le cas de Marc Casanova, qui est l'un des premiers "Leclerc" à entrer dans Paris, à bord de son char le "Montmirail", dans la nuit du 24 au 25 août 1944. Il traverse les combats jusqu'à la fin de la guerre sans aucune blessure et avec trois citations dont deux avec palmes ! Mais le sort n'a pas épargné ses deux jeunes amis de Marrakech : Jean-Luc Geronimi est tué le 24 août 1944 et Jacques Diot est grièvement blessé le lendemain, à bord de son char "Mort-Homme", dans les combats pour la libération de Paris.       


Terminons par cette autre citation éloquente, obtenue par René Jousset, sous-officier au 2e groupement de tabors marocains (2e GTM), avec attribution de la croix de guerre avec palmes : « Adjoint à un chef de section, a participé les 8, 9 et 10 décembre1944 à la prise du Grand Faudé (Alsace). A fait preuve du plus grand courage sous les tirs violents de l'artillerie ennemie. Le 22 décembre 1944, lors de l'action du goum sur le col 706, a été blessé en se portant à l'attaque des positions ennemies ». Blessure par balle, qui provoque une fracture du frontal et qui vaudra à René Jousset le statut de « gueule cassée ».


Exemples parmi tant d'autres, des sacrifices consentis par cette jeunesse française du Maroc pour la liberté. Blessés et tués au combat, originaires du Maroc et de toute l'AFN, se comptent ainsi par dizaines de milliers au jour de la Victoire, le 8 mai 1945.



DEFILES DE LA VICTOIRE ET RETOUR AU MAROC


Après la capitulation de l'Allemagne, plusieurs unités de l'armée d'Afrique participent aux nombreux défilés de la Victoire, organisés en Europe, en particulier à Paris, les 18 juin, 14 juillet et 11 novembre 1945. Une fierté légitime et une certaine émotion imprègnent alors les nombreux Français du Maroc et leurs frères d'armes marocains, mis à l'honneur durant ces festivités.


Parallèlement, leur retour progressif au Maroc, prélude à leur démobilisation, se déroule dans l'allégresse. Il est l'occasion de nouvelles parades de la Victoire dans les grandes villes du Royaume, où la population rend hommage à ses héros, véritables soldats de la liberté : « Sous les acclamations de la foule les Tabors marocains revenant du front européen font leur entrée solennelle dans la ville de Fès (...) La foule des journées fastes a afflué sur la place Lyautey ornée de grands étendards des nations alliées (...) » (journal Le Petit Marocain, du 20 mai 1945) .


Au cours de cette guerre, de ces évènements à la fois glorieux et tragiques, tous les témoignages ont rapporté le remarquable coudoiement, qui existait au front entre Français et Maghrébins, dans les régiments de l'armée d'Afrique. Ainsi le témoignage de Jacques Guyomar, officier au 2e RTM puis au 6e RTM : « Durant les combats tout le monde dormait dans les trous creusés dans le sol, il n'y avait pas de différences, on s'aidait mutuellement. » Fraternité d'armes soulignée par le maréchal Juin, commandant ces unités durant la campagne d'Italie : « Jamais cohésion n'a été aussi forte entre Musulmans et Français, que pendant ce conflit »...



Jean-Pierre RIERA, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1997-    ).


Christophe TOURON, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1995-2007) et au Collège Royal à Rabat (2003-2007).


Date de création : 14/10/2004 @ 16:58
Dernière modification : 17/11/2013 @ 21:37
Catégorie : 2-Frères d'armes marocains et français
(1939-1945)

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Le Projet pédagogique 2002-2003

1-Le projet en images et ses prolongements en 2004 et 2005

2-Acteurs et partenaires

3-Objectifs

4-Calendrier et descriptif de l'action

5-Remerciements

6-Présentation de l'exposition

7-Deux poèmes émouvants

8-Programme du voyage pédagogique en France

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Le Projet pédagogique 2005-2006

1-Le projet en images et ses prolongements en 2007


2-Acteurs et partenaires


3-Présentation générale du projet


4-Calendrier et descriptif de l'action


5-Présentation de l'ouvrage "Ana ! Frères d'armes marocains dans les deux guerres mondiales" et Remerciements


6-Présentation de l'exposition sur les soldats marocains en 14-18 et 39-45


7-Présentation du recueil numérique sur le Carré musulman de Douaumont


8-Recueil de poèmes rédigés par les élèves


9-Textes d'élèves primés au concours "André Maginot"


10-Programme du voyage pédagogique en France

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