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3-Débarquement américain et vie quotidienne
(1939-1945) - A/ Le débarquement américain au Maroc, novembre 1942 (1)

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LES RAISONS DU DEBARQUEMENT ANGLO-AMERICAIN EN AFRIQUE DU NORD


Depuis l'attaque allemande contre l'URSS, le 22 Juin 1941, et les graves revers soviétiques qui marquent le début de la guerre à l'est de l'Europe, Staline presse ses alliés anglais et américains d'ouvrir un nouveau front à l'ouest, afin de soulager la pression de la Wehrmacht (armée allemande) sur l'Armée rouge (armée soviétique).


En 1942, l'état des forces alliées ne permet pas, toutefois, d'envisager un débarquement en Europe de l'Ouest, comme le démontre le désastreux raid anglo-canadien sur Dieppe, en août 1942. Dans l'immédiat, les Anglo-américains choisissent donc une autre stratégie, dite périphérique. Il s'agit de frapper là où les forces de l'Axe paraissent les plus fragiles, c'est-à-dire en Italie : les Alliés espèrent, après l'effondrement rapide du régime fasciste du dictateur italien Mussolini, remonter la botte italienne et accéder au coeur de l'Allemagne nazie par le sud. Pour réaliser ce plan et atteindre l'Italie, il est nécessaire pour les Alliés de prendre pied en Afrique du Nord française, en organisant un débarquement qui va prendre le nom de code d'opération Torch.


Ce débarquement doit permettre aussi l'ouverture d'un nouveau front, à partir de la Tunisie, afin d'attirer les Germano-italiens présents en Libye et écarter la menace que fait peser l'Afrika Korps de Rommel, au milieu de l'année 1942, sur l'Egypte, le canal de Suez, la route des Indes et les champs pétrolifères du Moyen Orient.



LES PREPARATIFS AMERICAINS


L'opération doit s'effectuer simultanément en trois points différents de l'Afrique du Nord française. Dans les régions d'Alger et d'Oran, ce sont près de 70 000 Anglo-américains qui doivent débarquer, transportés par une importante armada venue du Royaume-Uni.


A l'ouest, au Maroc, ce sont 35 000 Américains commandés par le général Patton, qui arrivent directement des Etats-Unis à bord de près de 100 navires de l'US Navy. C'est une énorme force navale, constituée de trois cuirassés, sept croiseurs, quatre porte-avions, trente huit destroyers, trente six transports de troupes et une vingtaine de pétroliers, dragueurs de mines, sous-marins, qui s'est rassemblée le 28 octobre au large des Bermudes. L'amiral Hewitt, qui dirige l'armada, a planté sa marque sur le croiseur lourd USS Augusta. A bord du destroyer USS Mayrant se trouve le lieutenant F Delano Roosevelt Jr, le fils du Président des Etats-Unis...


Malgré ces moyens considérables, le succès est loin d'être assuré : certains experts américains donnent seulement une chance sur cinq aux hommes de Patton d'atteindre la grève, en raison du rythme des marées et de la hauteur de la barre, qui vont gêner l'approche des péniches de débarquement. Par ailleurs, les renseignements sur les cibles à atteindre sont nettement insuffisants : les informations dont disposent les Américains viennent de quelques groupes de résistants français au Maroc mais surtout de guides de voyage qui datent d'avant guerre !


Pourtant l'objectif est triple, Safi, pour débarquer les blindés, Fédala (Mohammedia), au nord de Casablanca, pour les troupes d'infanterie d'assaut, et Medhia, à l'embouchure de l'oued Sebou, avec en ligne de mire l'aérodrome stratégique de Port Lyautey (Kénitra), le seul au Maroc à disposer d'une piste en béton, utilisable par tous les temps. Pour réduire Casablanca, bien défendue par des batteries côtières et les redoutables canons du cuirassé Jean Bart, deux stratégies s'opposent : Patton est partisan d'un bombardement massif de la ville alors que le général en chef Eisenhower préfère contourner les défenses afin de s'emparer du port intact. C'est heureusement son avis qui l'emporte !


Dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, l'escadre américaine s'approche des côtes marocaines avec une remarquable discrétion, s'apprêtant alors à entrer en action. A 2 h du matin, Patton est réveillé, il marche sur le pont de l'USS Augusta, la météo exécrable qui avait menacé l'opération n'est plus qu'un mauvais souvenir, la mer est parfaitement calme, au loin il aperçoit les lumières de Casablanca et de Fédala qui scintillent, « God is with us » s'écrie-il !



RESISTER OU COOPERER ?


Côté français, les autorités de Vichy, représentées au Maroc par le Résident général Noguès, sont bien décidées à riposter contre toute tentative qui mettrait en cause la souveraineté française sur cette partie de l'Empire. A 1 h du matin, le 8 novembre, informé de l'imminence du débarquement, le général Béthouart, commandant le secteur de Casablanca, donne l'ordre à ses troupes de rester dans leurs cantonnements. Il rejoint ensuite, en voiture, sous une pluie battante, le quartier général de l'état-major français à Rabat. Là, il tente « au nom du général Henri Giraud » de convaincre les plus hautes autorités militaires de ne pas s'opposer à l'arrivée des Américains.


L'amiral Michelier, commandant des forces navales françaises basées à Casablanca, est convaincu qu'il s'agit d'une manoeuvre d'intoxication de la Gestapo et que les nazis cherchent un prétexte pour occuper le Maroc. Pour lui, il n'y a pas la moindre trace de navires américains en mer... Ironie du sort Michelier a reçu de Vichy, le 7, à 9 h 15, un message l'informant d'un possible débarquement allié, mais le message ne sera décodé qu'après le début des opérations... Dans la nuit, Michelier donne finalement l'ordre aux troupes de sortir des casernes, afin de résister à toute tentative d'invasion sur Casablanca.


A 2 h 30 du matin, Noguès reçoit une lettre de Béthouart qui lui demande de ne pas s'opposer au débarquement. Peine perdue, après avoir pris contact avec les garnisons de Casablanca, Meknès et Marrakech et s'être assuré qu'il n'y avait aucun signe d'une action des Alliés, le Résident général déclenche tout de même l'alerte sur l'ensemble du territoire. Le Maroc va être défendu coûte que coûte...


Béthouart et ses compagnons sont arrêtés. Internés à Meknès, ils seront accusés de haute trahison (le succès de Torch leur évitera la peine de mort). A 3 h du matin, un message de Roosevelt est diffusé sur les ondes courtes, dans un français approximatif, le président des Etats-Unis demande aux Français de croire ses paroles, d'aider les Américains dans la mesure du possible et « appelle les hommes qui détestent la tyrannie à rejoindre les libérateurs qui débarquent sur les côtes. Vive la France éternelle ! » L'opération Torch, la plus grande opération amphibie jamais tentée jusqu'à présent, peut désormais commencer.



SAFI : 8 NOVEMBRE 1942


C'est le général Harmon, un vétéran de la Première Guerre mondiale qui est chargé de diriger l'opération Blackstone et l'escadre d'une vingtaine de navires qui se positionne devant Safi. Vers minuit, le sous-marin USS Barb fait surface au large et débarque des commandos qui doivent rejoindre le port à bord d'un canot pneumatique pour en marquer l'entrée avec des lampes. Ainsi deux destroyers avec leurs 350 hommes pourront occuper les quais avant le lever du jour.


3 h 35 : le Capitaine de vaisseau François Deuve, réveillé par un coup de téléphone, met en alerte sa garnison ; il rejoint son poste de commandement et dicte ses ordres à de maigres troupes (450 soldats et officiers armés d'un matériel obsolète, une vingtaine de vieux véhicules blindés, quelques pièces d'artillerie...).


Au nord de la ville se trouve une batterie côtière moderne qui commande la baie. Bientôt les commandos américains, qui ont atteint le port, sont repérés et les Français ouvrent le feu. Des difficultés viennent retarder le débarquement, les soldats trop lourdement chargés peinent à descendre les filets qui courent sur la coque des navires. Les charges sont mal réparties sur les péniches de débarquement, il faut repositionner le matériel et les opérations prennent du retard.


A 5 h 30, deux destroyers pénètrent par surprise et à toute vitesse dans le port, des commandos sont débarqués ; ils sont vite entourés par une foule de pêcheurs marocains qui viennent, sans grande conscience du danger, assister à un « match ». Ils comptent ainsi les coups, tournent la tête à droite et à gauche en suivant les salves de mitrailleuses, qui fusent de part et d'autre ! Les points stratégiques de Safi sont rapidement entre les mains américaines, à l'exception de l'aérodrome âprement défendu. Harmon peut débarquer sur les quais ses blindés, la totalité de ses hommes et une bonne réserve de carburant. Dès le lendemain, il prend avec les chars la route de Casablanca. L'aérodrome est occupé le 10 novembre au soir, après la signature d'un cessez-le-feu.



Jean-Pierre RIERA, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1997-    ).


Date de création : 14/10/2004 @ 17:00
Dernière modification : 09/01/2011 @ 21:54
Catégorie : 3-Débarquement américain et vie quotidienne
(1939-1945)

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