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3-Débarquement américain et vie quotidienne
(1939-1945) - B/ Le débarquement américain au Maroc, novembre 1942 (2)

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A LA CONQUETE DE PORT LYAUTEY : 8 NOVEMBRE 1942


S'emparer du second port marocain, se trouvant à environ trois kilomètres à l'intérieur des terres, n'est pas un objectif facile. L'embouchure du Sebou, qui conduit à Port Lyautey par une impressionnante boucle en fer à cheval, est gardée par une ancienne casbah bien équipée en canons et mitrailleuses lourdes. Environ 3000 légionnaires et tirailleurs marocains sont en garnison. Le général américain Truscott dispose de 9000 hommes pour mener l'assaut sur le port et le précieux aérodrome. Les courants gênent les navires et une panne radio, empêchant toute communication entre les bateaux, retarde le début de l'opération. Truscott doit monter sur une petite embarcation et se rendre à bord des transports de troupes pour donner ses derniers ordres.


Un groupe de commandos part couper le filet métallique, dressé entre les deux jetées construites à l'embouchure du fleuve et qui empêche tout passage. Les mitrailleuses de la casbah dispersent rapidement les intrus. Dans la nuit, le vieux destroyer Dallas, chargé de remonter le fleuve pour atteindre l'aérodrome avec ses commandos, tente d'enfoncer le filet mais à deux reprises les batteries côtières l'obligent à renoncer. Les avions américains Wildcat détruisent au sol une bonne partie des avions français, les autres qui réussissent à prendre l'air infligent quelques pertes aux Américains.


C'est le 10 novembre, qu'une équipe parvient enfin à couper les câbles métalliques de 38 mm de diamètre : les commandos sont embarqués sur le vieux destroyer Dallas qui, magistralement guidé par le pilote français René Malevergne, se fraye un chemin au milieu des nombreux pièges du Sebou et s'empare de l'aérodrome. L'objectif principal du premier jour est finalement atteint au prix de pertes importantes dans les deux camps ; les combats à terre s'achèvent au soir du troisième jour.



LA BATAILLE DE CASABLANCA : 8-10 NOVEMBRE 1942


Dans la capitale économique du Royaume, tout est encore calme le 7 novembre et personne ne soupçonne l'imminence de l'orage qui approche. Si certains attendent un débarquement américain, ils pensent que c'est plutôt à Dakar qu'il va se dérouler ! Pourtant, dans la soirée, les séances de cinéma sont interrompues et les militaires se trouvant là sont tous rappelés d'urgence à leurs postes.


Le général américain Patton compte débarquer ses 19 500 hommes à Fédala (Mohammedia), pour attaquer Casablanca par le nord. Les premiers débarquements ont lieu à 6 h 15, avec une heure de retard sur l'horaire. Le débarquement est facile, la garnison exécute l'ordre de Béthouart, dont l'arrestation n'est pas connue : ne pas s'opposer à l'arrivée des Américains. La marine, quant à elle, n'est pas encore alertée. Mais les hommes lourdement chargés peinent à descendre les filets qui courent sur la coque des navires, d'autres glissent et se noient. Les chalands de débarquement, pas toujours au point techniquement et pilotés par des équipages peu formés, ont bien du mal à atteindre la côte ; sur 347 utilisés le 8 novembre, 137 sont détruits. A 7 h, les batteries côtières de Pont Blondin entrent en action, la riposte américaine venue de l'armada stationnée en mer est massive, vers 12 h toutes les défenses côtières sont détruites ou capturées. Dès lors, le port de Fédala peut être utilisé pour accélérer le débarquement. Dans la soirée, 7500 hommes sont à pied d'oeuvre et de nombreux chars déchargés dans l'après-midi seront engagés le lendemain.


A Casablanca, le 8 novembre, vers 4 h du matin, un vrombissement d'avions, venus de la mer, se fait entendre : pas un coup de feu, pas une bombe, mais une multitude de tracts lâchés sur la ville. C'est une proclamation d'Eisenhower, rédigée en français et en arabe, qui demande à la population de ne pas se défendre face aux Américains, venus en amis pour aider à vaincre les nazis. A 8 h, des appareils du porte-avions Ranger détruisent l'aviation française, les dépôts de munitions et de carburant de l'aérodrome du Camp Cazes. A 8 h 04, l'enfer se déchaîne, une pluie de bombes tombe sur le port alors que les obus de gros calibres tirés par les cuirassés américains cherchent le cuirassé Jean Bart. Celui-ci, en cours de construction, a quitté Saint-Nazaire à la barbe des Allemands, le 19 juin 1940, et a gagné, inachevé, le port de Casablanca. Ne pouvant bouger, faute de moteurs en état, il ne représente qu'un danger relatif. Pourtant sa tourelle avant, dotée de quatre énormes canons de 380 mm, peut tirer jusqu'à trente kilomètres et peut atteindre l'armada américaine.


Dès les premières minutes de l'attaque les dégâts sont très lourds, trois sous-marins détruits au mouillage, trois gros paquebots arrivés la veille de Dakar coulés, d'autres navires de commerce en feu...
Mme Pierrette Bion qui avait 7 ans à l'époque se souvient: "Nous étions comme des centaines de personnes sur le Porthos avec ma mère et mes deux soeurs. Nous venions de Dakar et rentrions en Métropole. Nous étions arrivés le 7 à Casa. En ville Maman nous avait acheté des gilets à toutes les trois, nous étions contentes, le retour en France était proche....
Le lendemain matin, le 8 novembre 1942 vers 4 heures le Commandant réveille les passagers cabine par cabine, il nous demande de descendre rapidement du bateau, il y avait une alerte mais cela ne serait pas long. Maman n'a pas voulu descendre en chemise de nuit. Le commandant ralait, mais elle n'en a fait qu'à sa tête. Nous nous sommes habillées avec nos petites robes et nos gilets neufs et nous sommes descendues à terre. Nous étions les seules à être habillées.
On a couru jusqu'au silo à grains du port. Et là, tout a commencé, les bombes, la peur puis la fuite dans les rues de Casa. Grace à La Croix rouge nous trouvons refuge dans une école. Puis commence pour les réfugiés la longue traversée du Maroc en passant par Meknes et pour certains via Ouarzazate où ma mère ne voulait pas aller. Pour nous,ce fut donc Fez puis Imouzzer du Kandar où nous sommes arrivées en décembre, pleine de poux de corps et de têtes.... Nous n'avions plus aucun papier, nous étions tous partis pour une heure ou deux et personne n'avait de sac à main. L'hiver et le printemps se passent dans des baraquements sans chauffage et sans fenêtre mais nous sommes enfin à l'abri. C'est finalement un avion des troupes américaines qui nous ramènera à Dakar et nous ne sommes rentrées en métropole qu'en 1946".
Le Porthos mis en service en 1915 et long de 161 mètres est touché par un obus de 406 mm en provenance du Massachussets, 26 personnes trouvent la mort ce jour-là à bord du navire.
Le paquebot chavire sur la droite mais les 2 cheminées viennent s'appuyer sur le quai empêchant un retournement complet, basculé à quai, il est vendu pour démolition en 1945.
Plusieurs sous-marins réussissent cependant à sortir du port alors que la 2e escadre légère appareille courageusement. A l'extrémité de la jetée, l'aumônier de l'escadre, bénit chaque navire qui sort de la passe...


Un combat naval inégal s'engage alors entre les puissants croiseurs lourds et cuirassés américains, épaulés par l'aviation, et les malheureux torpilleurs français, qui évoluent entre la pointe d'El Hank et les Roches Noires. L'un après l'autre les bâtiments français sont touchés et coulés, le Fougueux, la Tempête, le Frondeur, le Milan, le Boulonnais... Les équipages sont recueillis par d'autres bâtiments ou regagnent la côte à la nage pour reprendre le combat ! Le croiseur Primauguet, plus grosse unité de l'escadre (en juin 1940, il a apporté au Maroc une partie des réserves d'or de la Banque de France), engagé par les cuirassés et les avions américains, est en feu. En début d'après-midi, il vient s'échouer contre la digue du port, 110 marins meurent à son bord.


Le 9, avec les équipages des navires coulés la veille, un bataillon est formé pour défendre les points stratégiques autour de Casablanca, comme la batterie de canons de 90 mm d'Aïn Sebaa ; l'équipement est dérisoire, des fusils Lebel de la guerre précédente ! C'est là que beaucoup de marins meurent encore le 10, dans des combats désespérés et inutiles contre les Américains. Le même jour, le Jean Bart résiste encore et ses canons tiennent à distance les cuirassés, les Américains décident d'en finir et envoient de nombreux avions avec des bombes de gros calibres. Le grand cuirassé est touché à plusieurs reprises, bientôt il s'enfonce et s'assied bien sagement sur le fond, deux énormes déchirures, l'une à l'avant, l'autre à l'arrière. Mais la coque et le pont blindé ont résisté, deux jours après, il flottera de nouveau.


Patton, qui approche de Casablanca depuis Fédala, s'est heurté à une forte résistance des troupes au sol. Il fixe l'offensive sur la ville pour le 11 au matin, celle-ci devant débuter par une violente préparation d'artillerie. Le Résident général Noguès reçoit le 10 l'ordre de l'amiral Darlan de cesser les hostilités, mais il attend une confirmation écrite qui n'arrive que le 11, à 7 h 30. Il peut alors ordonner le cesser le feu, le commandement américain prévenu annule la préparation d'artillerie, la bataille de Casablanca arrive à son terme.


La défense du Maroc est terminée, mais cette lutte aussi courageuse qu'inutile coûte cher à l'armée française : 1650 blessés et 1000 morts, sans compter les nombreux navires détruits et les ports endommagés. Les Américains ont eux aussi des pertes importantes (bilan estimé à 500 morts environ), mais ils ne se trompent pas d'ennemi. Patton déclare aux chefs français du Maroc lors de leur première entrevue, le 12 à Fédala : « Tout cela n'est que de l'entraînement avant d'affronter les vrais s..... en Europe ! » Les adversaires d'hier se réconcilient, les prisonniers sont libérés. C'est ensemble que Noguès et Patton enterrent leurs morts...


Le 16 janvier 1946, à l'Assemblée Constituante, le Général de Gaulle répondra à Edouard Herriot lui reprochant alors d'avoir régularisé les citations décernées aux combattants français des journées de novembre 1942 : « Il n'est pas question d'arracher des cercueils des pauvres morts et de la poitrine des malheureux mutilés les croix qu'on leur a décernées trois ans plus tôt, pour avoir combattu suivant les ordres de leurs chefs et bien que ces ordres aient été donnés à tort. »



Jean-Pierre RIERA, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1997-    ).


Date de création : 14/10/2004 @ 17:01
Dernière modification : 19/01/2011 @ 19:34
Catégorie : 3-Débarquement américain et vie quotidienne
(1939-1945)

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