trans

 

Accueil
Accueil

 

Bibliographie
Bibliographie

 

Diaporama
Diaporama

 

 

Admin
Admin

trans

Mémoire partagée, destins croisés

 1-Des temps du souvenir
 2-Des lieux de mémoire
 3-Une institution et des hommes

trans

Une histoire commune

 1-Le Maroc aux côtés de la France dans la Grande Guerre
 2-Frères d'armes marocains et français
(1939-1945)
 3-Débarquement américain et vie quotidienne
(1939-1945)

trans

Deux témoignages inédits

1-Commandant Gustave George, officier au 1er régiment de marche de tirailleurs marocains, 1914-1915 (travail du Club d'Histoire du Lycée Lyautey, animé par Odile NAIM)


2-Paul Brandenburg, un Français du Maroc engagé dans le 12e Cuirassiers de la 2e DB, 1944-1945

trans

Liens

- Liens Frères d'armes marocains et français dans les deux guerres mondiales - Mémoire partagée


trans

Recherche

trans

trans

Visites

  visiteurs

  visiteurs en ligne

trans

trans

C/ Le débarquement américain au Maroc, novembre 1942 (3)

Diaporama


LA GUERRE DES CHEFS FRANCAIS AURA BIEN LIEU


Giraud, général de 63 ans, s'évade en avril 1942 de la citadelle allemande de Köenigstein (à l'aide d'une corde à noeuds !). Il rejoint la France non occupée et n'y est pas très bien reçu ; beaucoup le blâment pour les représailles qu'il attire sur les détenus français. Laval lui demande de se constituer prisonnier pour apaiser la colère d'Hitler, Giraud refuse mais s'engage à « ne rien faire qui puisse gêner en quoi que ce soit nos rapports avec le gouvernement allemand ».


C'est cet homme qui, à défaut de Pétain ou Weygand, est choisi par les Américains pour leur apporter l'adhésion de l'Afrique du Nord ; c'est en son nom que les troupes françaises seront encouragées à bien accueillir les Anglo-américains. Décrit par les services spéciaux de Roosevelt comme un « vaniteux mais sans orgueil, tout d'ambition mais pauvre en idéal », ce « sabreur à moustaches » est un militaire français selon leurs voeux : il souhaite crânement se voir confier lors des opérations à venir, le commandement en chef des forces alliées, rien de moins !


Le 1er novembre, Giraud est prévenu de l'imminence du débarquement des Alliés, il doit rejoindre d'urgence l'Afrique du Nord. Dans la nuit du 5 au 6, il embarque à bord d'un sous-marin anglais le Seraph au large du Lavandou, la mer est si agitée que le général tombe à l'eau en montant à bord ! Le 7, à 8 h du matin, Giraud est transbordé par mer très forte (creux de deux mètres) sur un hydravion « Catalina », qui décolle avec de grosses secousses. Presque aussitôt il survole l'immense flotte qui fait route vers Alger. L'appareil amerrit à Gibraltar à 15 h. C'est là que Giraud rencontre Eisenhower (général en chef des forces américaines), lors d'une entrevue tragi-comique, le 8 novembre, il est finalement reconnu comme chef des forces françaises ainsi que de l'administration et du gouvernement des territoires français d'Afrique du Nord.


Pourtant, les choses tournent autrement, l'amiral Darlan qui, 9 mois plus tôt était encore le chef du gouvernement de Vichy et qui reste à la tête des forces armées, se trouve par hasard à Alger. Il est arrivé le 5 novembre, incognito, au chevet de son fils très malade. Tiré de son sommeil dans la nuit du 7, Darlan est mis au courant de l'opération Torch par Murphy (Consul des Etats-Unis à Alger et représentant spécial de Roosevelt). Il explose : « Je sais depuis longtemps que les Anglais sont stupides. Je croyais les Américains plus intelligents. Je vois qu'ils se valent. Si vous aviez attendu quelques semaines, nous aurions agi ensemble, suivant un plan établi non seulement pour l'Afrique mais pour la France. Vous avez voulu marcher seuls ! Je me demande ce que va devenir mon pays ! » Lorsqu'il apprend que Giraud doit prendre le commandement, il déclare à Murphy : « Il n'est bon qu'à faire un général de division ! C'est un enfant ! Il ne comprend rien et ne vous servira à rien ! » Le 9, Giraud se pose sur l'aéroport de Blida, il est stupéfait, personne n'est là pour l'accueillir, plus grave, il est considéré par une grande partie de l'armée d'Afrique comme un rebelle et craint d'être arrêté ; il a perdu la partie !


Les Américains jouent désormais la carte Darlan, pour eux, il est le seul qui puisse mettre fin aux combats qui se poursuivent un peu partout. Bien que Pétain appelle l'Afrique du Nord à continuer le combat, le général Clark (adjoint d'Eisenhower) accourt de Gibraltar, bouscule, menace l'amiral qui finit par ordonner le cessez-le-feu « au nom du maréchal », le 10 novembre. La réaction publique de Pétain est immédiate : Darlan est désavoué, destitué, remplacé par Noguès. Mais le 11, Darlan reçoit de Vichy un télégramme dont le code secret est inconnu des Allemands, lui indiquant que le désaveu du maréchal ne correspond pas à « ses sentiments intimes » et que le vieux chef lui garde toute sa confiance. Darlan peut reprendre sa place à la tête de l'Afrique du Nord, traiter au mieux avec les Alliés, confirmer le cessez-le-feu... Et sous la très forte pression de son entourage et des Américains, ramener l'Empire dans la guerre.


A Alger les chefs français continuent pourtant à se déchirer. Le 12, Noguès qui vient d'arriver du Maroc, refuse de serrer la main de Giraud : « Je ne serre pas la main à un traître ! » Les deux hommes tout rouges et très énervés ne sont pas loin d'en venir aux mains ! Le 13, Darlan, Noguès, Giraud et Juin s'entendent enfin devant des Américains persuasifs et profondément agacés par les déchirements français. Le 22 novembre, Darlan est investi par Roosevelt comme Haut-commissaire pour l'Afrique du Nord. Giraud hérite du commandement des forces terrestres et aériennes, les autres hauts fonctionnaires français, comme Noguès, conservent leur poste... Le 23, L'Afrique Occidentale française rejoint à son tour le camp des Alliés.


Pas un instant le chef de la France libre, le général de Gaulle, n'est associé aux plans et calculs américains. Il est méprisé par Roosevelt qui le considère comme quantité négligeable et le taxe, au choix, de « mégalomane se prenant pour Jeanne d'Arc » ou de « gangster » ! Il faudra toute la ténacité et l'habileté politique du général pour revenir dans la partie...



L'INVASION DE LA ZONE LIBRE ET L'OFFENSIVE ALLEMANDE EN TUNISIE : NOVEMBRE 1942


Pour les Allemands, le débarquement est une bien mauvaise nouvelle, mais Hitler considère que les cinquante deux divisions allemandes stationnées à l'Ouest excluent la possibilité d'une invasion de l'Europe prolongeant l'irruption en Afrique.


Pourtant deux mesures s'imposent rapidement : l'occupation de la totalité de la France et l'installation des forces de l'Axe en Tunisie. Le 10 novembre, à 23 h 50, les Allemands demandent à Vichy, d'ouvrir la Tunisie aux forces allemandes et italiennes ; le 11, à 2 h du matin, ils devancent la permission en annonçant que les dites forces commencent à débarquer, un troisième message remis à 5 h 30 notifie l'entrée en zone Sud de la Wehrmacht. Aucune résistance physique n'est envisagée, Pétain peut partir puisqu'un avion est prêt à décoller pour l'Afrique du Nord. Pourtant, il reste, considérant que son devoir est de s'interposer entre le peuple français et son vainqueur, il invoque aussi les dangers d'un voyage aérien à son âge...


L'amiral Esteva commande en Tunisie au nom de Vichy, on dit de lui « qu'il va à la messe de 6 h parce que cela coupe sa matinée en deux ». Les subtilités du jeu politique français le dépassent, il refuse d'obéir à Darlan. Ayant l'ordre d'ouvrir la Tunisie à l'Axe, il l'ouvre ! Tunis occupée, Bizerte capitule. De longs mois de combats débutent, Français et Marocains vont s'y illustrer aux côtés des Alliés...



LE SUICIDE DE LA FLOTTE A TOULON : 27 NOVEMBRE 1942


Depuis l'armistice de juin 1940, une bonne partie de la flotte française dort dans le port de Toulon. En aucun cas, elle ne doit tomber entre des mains étrangères. Le sabordage est donc préparé, répété de longue date !


La flotte, fidèle à sa neutralité et au maréchal, refuse de traverser la Méditerranée pour rejoindre son chef naturel l'amiral Darlan. Elle se suicide, entre ses deux prétendants, l'Américain qui l'attend en vain à Alger et l'Allemand qui assiste impuissant au drame.


A 5 h 29, le 27 novembre, l'ordre de sabordage général est lancé du cuirassé Strasbourg, alors que les blindés allemands envahissent les quais et que des coups de canons sont échangés. Le jour se lève sur un spectacle sinistre : deux cuirassés, un croiseur de bataille, sept croiseurs, un transport d'aviation, vingt neuf destroyers, douze sous-marins... Plus de 100 bâtiments disparaissent. Les Allemands ne récupèrent qu'un peu de ferraille d'une flotte superbe jamais engagée au combat !



LA CONFERENCE D'ANFA : JANVIER 1943


Le 26 décembre 1942, après l'assassinat de Darlan à Alger, les Américains jouent finalement la carte Giraud en l'installant à la tête de l'Afrique du Nord.


Début 1943, les propriétaires des luxueuses villas de la colline d'Anfa, à Casablanca, sont priés de quitter les lieux ; le quartier, isolé, est transformé en camp retranché. Du 14 au 24 janvier 1943, s'y déroule une conférence interalliée, avec Roosevelt et Churchill. Informés par les services secrets espagnols, les Allemands, qui ont bombardé Casablanca, quinze jours auparavant, se laissent abuser par la traduction littérale du nom de cette ville (Maison blanche), en croyant que cette rencontre se déroulerait à la Maison Blanche de Washington !


Le but de cette conférence est la définition d'une stratégie commune contre les puissances de l'Axe sur tous les fronts. Roosevelt et Churchill se mettent d'accord sur l'éviction des puissances de l'Axe en Afrique du Nord ainsi que sur l'invasion de l'Italie, en débutant par la Sicile. En outre, les deux chefs d'États s'accordent sur la nécessité d'intensifier les bombardements sur le Reich nazi, et sur l'exigence d'une capitulation inconditionnelle de l'Allemagne, de l'Italie et du Japon. Enfin, ils décident de fournir à l'armée française d'Afrique du Nord un important matériel militaire, permettant d'équiper trois divisions blindées, huit divisions d'infanterie motorisées et plusieurs escadrilles d'avions (500 appareils), en quelques mois.


Toujours agacés par les divisions françaises, les Alliés tentent, à Casablanca, de rapprocher Giraud et de Gaulle en invitant les deux chefs. Alors que Giraud arrive sans délai, de Gaulle refuse d'obéir à ce qu'il considère comme une convocation américaine. Il faut attendre le 22 janvier et une grosse colère de Churchill pour que le général ombrageux accepte de répondre à l'invitation. Arrivé à Anfa, de Gaulle demeure intraitable, Churchill se fâche encore et lui déclare dans un français inimitable : « Vous ne devez pas obstacler la guerre ! »


De Gaulle rencontre Giraud lors d'une entrevue glaciale, il lui lance : « Je vous ai par quatre fois proposé de nous voir, et c'est dans cette enceinte de fils de fer, au milieu des étrangers, qu'il me faut vous rencontrer ? » Le 22 au soir, de Gaulle est reçu par Roosevelt, des agents des services spéciaux, mitraillette au poing, assistent à l'entrevue cachés derrière les rideaux... Le 24, Giraud et de Gaulle se rencontrent à nouveau et à l'invitation de Roosevelt, acceptent de se serrer la main devant les photographes. Pourtant aucun accord n'intervient entre les deux rivaux.



SIDI MOHAMMED BEN YOUSSEF ET LA PRESENCE AMERICAINE AU MAROC


Lors du débarquement américain au Maroc, le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, refuse de quitter Rabat pour Fès, enfreignant les consignes du Résident général. Le 9 novembre, il demande à Noguès de cesser le combat, afin d'épargner un sang inutile, devant des forces invincibles qui viennent en amis. Fidèle à ses aspirations, le sultan s'affirme ainsi comme le représentant d'un peuple acquis à la cause des Alliés.


En marge de la conférence d'Anfa, le sultan est reçu deux fois par Roosevelt. Des contacts secrets ont, d'ailleurs, eu lieu quelques semaines auparavant avec l'envoyé spécial américain en Afrique du Nord, Robert Murphy. Une de ces entrevues se tient le 22 janvier, lors d'un dîner officiel auquel assiste le jeune prince héritier, le futur Hassan II, en présence de Churchill et de nombreuses personnalités. Fidèle à son engagement vis-à-vis de la Charte de l'Atlantique, Roosevelt laisse alors clairement entendre à Sidi Mohammed ben Youssef que le temps des colonies touche à sa fin et que les Américains sont prêts à aider le Maroc, le moment venu. « Ce fut un dîner tout à fait charmant, tous les convives à l'exception d'un seul, passèrent une heure très agréable » rapporte le fils de Roosevelt, témoin de la rencontre. En effet, Churchill montre une mauvaise humeur ostensible qui n'est pas seulement due à « la sécheresse toute musulmane du dîner »...


Désormais, le nouveau contexte mondial, issu de la guerre, semble favorable aux courants nationalistes, qui existent dans les empires coloniaux européens... Pour Sidi Mohammed ben Youssef et le mouvement nationaliste de son pays, l'entrevue d'Anfa ouvre donc de nouveaux horizons...


Les nationalistes marocains, jusque là modérés dans leurs revendications, réclament l'indépendance du Maroc dès le 11 janvier 1944, dans le Manifeste du Parti de l'Istiqlal. Pour autant, l'attitude du sultan et du Maroc à l'égard de la France reste la même jusqu'à la fin du conflit : un loyalisme indéfectible et un soutien absolu à l'effort de guerre !



Jean-Pierre RIERA, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1997-    ).


Date de création : 14/10/2004 @ 17:02
Dernière modification : 09/02/2007 @ 16:16
Catégorie : 3-Débarquement américain et vie quotidienne
(1939-1945)

Page lue 5502 fois

Prévisualiser la pagePrévisualiser la page

  

Imprimer la pageImprimer la page

Le Projet pédagogique 2002-2003

1-Le projet en images et ses prolongements en 2004 et 2005

2-Acteurs et partenaires

3-Objectifs

4-Calendrier et descriptif de l'action

5-Remerciements

6-Présentation de l'exposition

7-Deux poèmes émouvants

8-Programme du voyage pédagogique en France

trans

Le Projet pédagogique 2005-2006

1-Le projet en images et ses prolongements en 2007


2-Acteurs et partenaires


3-Présentation générale du projet


4-Calendrier et descriptif de l'action


5-Présentation de l'ouvrage "Ana ! Frères d'armes marocains dans les deux guerres mondiales" et Remerciements


6-Présentation de l'exposition sur les soldats marocains en 14-18 et 39-45


7-Présentation du recueil numérique sur le Carré musulman de Douaumont


8-Recueil de poèmes rédigés par les élèves


9-Textes d'élèves primés au concours "André Maginot"


10-Programme du voyage pédagogique en France

trans

trans

Haut

trans

Site fonctionnant sous GuppY v3.0p1 - GNU Public License - © 2002-2004