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3-Débarquement américain et vie quotidienne
(1939-1945) - D/ La vie quotidienne au Maroc (1)

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UNE AIDE FINANCIERE ET UNE MOBILISATION DE L'ECONOMIE A L'EFFORT DE GUERRE DE LA FRANCE


Dès 1939, le Protectorat français au Maroc décide de « contribuer financièrement à l'effort de défense nationale » : 15 millions de francs dans un premier temps, puis 30 millions de francs pour chacune des années suivantes. Ces sommes proviennent de l'augmentation des ressources fiscales existantes et de la création de nouvelles taxes.


Le Maroc contribue aussi à aider la France par de vastes campagnes de solidarités, qui voient une forte participation des populations marocaine et française. Par exemple, « La Fraternité de guerre », organisme marocain, qui porte assistance aux soldats mobilisés dans les unités marocaines de l'armée d'Afrique, « L'Association des Femmes de Prisonniers et Déportés du Maroc » ou encore La Croix-Rouge française...


Dans le domaine agricole, un plan de production est élaboré en fonction des besoins de la France. Il se traduit notamment par le développement de la culture des oléagineux, du coton et par l'augmentation de la production de céréales.


Dans le secteur minier, le Maroc met aussi la production et l'exploitation de ses richesses au service de la métropole (France continentale) : il lui livre divers minerais (manganèse, plomb, fer, zinc, étain, cobalt, molybdène) et lui procure d'importantes rentrées de devises, grâce à la vente des phosphates.


Enfin, dans le domaine industriel, un effort exceptionnel est demandé aux entreprises pour participer au ravitaillement de la France.


Parallèlement, le Maroc fournit d'importants contingents de main d'oeuvre acheminés vers la France et l'Algérie (colonie alors divisée en départements français), afin de répondre aux besoins de l'économie de guerre. En 1939, la France reçoit ainsi plus de 12 000 ouvriers et l'Algérie accueille 24 000 travailleurs agricoles saisonniers marocains.


Au Maroc même, des efforts supplémentaires sont demandés à la main d'oeuvre locale, surtout à partir de 1943. Celle-ci doit s'employer sans relâche, accepter des journées de travail plus longues et parfois des restrictions au repos hebdomadaire.



DES REQUISITIONS TRES IMPORTANTES


A partir de 1939, les produits considérés comme nécessaires à l'effort de guerre de la France sont soumis à une réglementation très sévère, imposant à leurs producteurs, leurs vendeurs ou leurs propriétaires, de multiples mesures restrictives, telles que : le recensement, la déclaration des stocks, la circulation limitée et contrôlée et l'interdiction d'exportation.


Les produits alimentaires sont les premiers à être réquisitionnés pour approvisionner la France. La viande, les céréales, les produits laitiers, le café, le thé, le sucre, les légumes, les jus de fruit... Toutes ces denrées font l'objet de réglementations et de restrictions qui frappent la population au Maroc. C'est ainsi qu'en 1943, les autorités françaises décident la fermeture temporaire des pâtisseries.


Les ressources énergétiques sont également soumises à des réquisitions et une sévère réglementation de leur consommation : les carburants, « durant les hostilités, ont la même valeur que la poudre ou les munitions », rappelle le Résident général Noguès, en 1939 ! Le régime de livraison d'essence est ainsi réservé en priorité à l'effort de guerre, de même que l'exportation du charbon.


Tous les biens industriels (machines diverses, tissus, sacs de jute, carton, ferraille, cuir) sont soumis à des contrôles similaires, permettant de les recenser afin de mieux les réquisitionner.



DES PRIVATIONS ET DES SACRIFICES


L'effort de guerre du Maroc en faveur de la France et de la cause alliée est supporté au quotidien par des populations, qui doivent se plier à l'organisation particulière d'un pays en état de siège. Les mesures exceptionnelles qui en découlent sont très contraignantes : outres les réquisitions très importantes, les limitations de liberté de mouvement et les contrôles incessants entraînent aussi de nombreuses privations.


A cela, s'ajoute le contexte difficile de la guerre, surtout entre juillet 1940 et novembre 1942, qui entrave les échanges avec l'extérieur et accentue le problème du ravitaillement.


A partir de 1941, suivant les accords Weygand-Murphy, les Etats-Unis acceptent de ravitailler l'Afrique du Nord en denrées de base, afin d'empêcher qu'elle ne tombe sous la dépendance allemande. Mais cette aide alimentaire américaine n'empêche pas la pénurie de sévir au Maroc, particulièrement dans les grandes villes. Ainsi cet élève du Lycée Lyautey de Casablanca, fêtant ses 18 ans et heureux de découvrir, que pour cette occasion, on lui a préparé un plat de purée avec du beurre ! Denrée devenue si précieuse à l'époque.



LE RATIONNEMENT


Pour assurer un minimum vital aux populations du Maroc, les autorités du Protectorat établissent un rationnement, avec des cartes de consommation, à partir de 1940. Ce rationnement fixe, pour chaque mois, les quantités de produits auxquelles les coupons de la carte individuelle de consommation donnent droit : par exemple, en janvier 1943, 500 grammes de sucre, 1/3 de litre d'huile de table, 250 grammes de savon, 250 grammes de café et 2 litres de vin. Au cours de la guerre, ces quantités varient en fonction des stocks et des besoins de la France.


Le rationnement des denrées alimentaires et des tissus provoque, en particulier, le mécontentement de la population marocaine, car les autorités françaises accordent des rations distinctes aux Marocains et aux Européens, en tenant compte de leurs besoins différents.


Malgré l'appel du sultan pour soutenir la France et les Alliés, certains Marocains estiment que cette guerre ne concerne qu'indirectement les peuples colonisés, ce qui rend ces sacrifices encore plus difficiles à supporter. En outre, les réquisitions, les restrictions et le rationnement provoquent une forte spéculation, une hausse vertigineuse des prix et l'apparition du marché noir, que les autorités françaises ont du mal à combattre, malgré la mise en oeuvre de nombreuses mesures répressives. Phénomènes, dont les populations marocaines les plus démunies sont les principales victimes.


Le mécontentement, qui résulte de toutes ces difficultés, s'exprime parfois ouvertement. Par exemple, en janvier 1943, dans le quartier d'Anfa, en marge de sa célèbre conférence interalliée, une foule constituée surtout de femmes marocaines cherche à faire part de ses doléances au général de Gaulle, chef de la France libre et futur responsable du Gouvernement provisoire de la République française. Manifestation, dont Driss Chraïbi nous décrira la bonne humeur, rythmée par des refrains populaires, telle cette version locale de l'hymne du maréchal Pétain ; reliquat de l'époque de Vichy au Maroc : « Maréchal nous voilà, tous derrière, tous derrière ! Les poches trouées, les pieds nus, le ventre creux, les choses aussi (...) » Couplet qui illustre alors les difficultés quotidiennes des plus défavorisés.



Christophe TOURON, professeur d'Histoire-Géographie au Lycée Lyautey de Casablanca (1995-2007) et au Collège Royal à Rabat (2003-2007). 


Date de création : 14/10/2004 @ 17:02
Dernière modification : 09/02/2007 @ 16:23
Catégorie : 3-Débarquement américain et vie quotidienne
(1939-1945)

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