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Sortie pédagogique : retour sur la 1-54 Art Fair à Marrakech

Date de publication : 3 avril 2024

Au mois de février 2024, une trentaine d’élèves de seconde et première, dont ceux inscrits en option arts plastiques, ont eu le privilège de se rendre à Marrakech pour découvrir la Foire Internationale d’Art Contemporain Africain : la 1-54. Nous vous présentons un résumé en images de cette sortie enrichissante !

 

Au cours de cette journée, les élèves ont eu l’opportunité de visiter les espaces d’exposition de la 1-54 installés spécialement pour l’occasion à l’hôtel La Mamounia et à l’espace d’art DaDa. Avec ses trois éditions annuelles à Londres, New York et Marrakech, ainsi qu’une foire éphémère à Paris, la 1-54 est la première foire d’art mondiale engagée dans la promotion de l’art contemporain africain et de sa diaspora. Les élèves ont découvert les galeries, échangé avec les artistes et bénéficié de visites commentées par les organisateurs. Une immersion dans l’effervescence artistique de la foire des plus enrichissantes.

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En deuxième partie de journée, nos élèves ont eu le privilège de rencontrer l’artiste Yassine Balbzioui à l’occasion de son exposition au Palais Es Saadi. Cet artiste visionnaire multidisciplinaire franco-marocain a présenté aux élèves le travail réalisé lors de sa résidence d’artiste au Kalhath Institute en Inde, dans le cadre d’une collaboration unique entre le monde de l’art et de l’artisanat. En un mot : sublime !

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Enfin, les élèves ont également eu l’occasion d’en apprendre davantage sur l’art moderne marocain grâce à l’exposition dédiée à l’artiste Farid Belkahia, également présentée au Palais Es Saadi.

En conclusion, le programme de cette journée a offert aux élèves une vision concrète du monde de l’art, dynamisé par la créativité, l’économie et les politiques culturelles. Ce voyage leur a permis de faire des rencontres et d’apprendre autour de la thématique de la mondialisation de la création artistique, mettant en lumière les métissages des pratiques et la relativité des cultures dans le monde. Cela s’inscrit parfaitement dans le cadre de l’enseignement optionnel arts plastiques du cycle terminal.

Nous tenons à remercier chaleureusement tous les intervenants qui ont accueillis nos élèves tout au long de cette sortie et ainsi contribué à ouvrir leur réflexion autour de l’art, son rayonnement et ses métiers !

 

Nous vous invitons à découvrir le témoignage de Kayla Bournique à l’issue de la visite :

« Cette foire m’a énormément plu et l’identité éclectique de l’Afrique est magnifiquement assumée : les artistes ne sont pas réduits à un quelconque exotisme « typiquement africain » mais au contraire, inclus dans un processus mondial de globalisation. Dans cette foire, les artistes africains se dessinent une place sur la scène internationale qui va au-delà de leur origine : leur message et leur art est compris et traité pour ce qui l’est réellement.

Ensuite, certain travaux m’ont interloqués voire, fascinés :

La peinture « Equity » de Oluwele Omofemi fut la première à attirer mon attention. Portrait d’une femme noire avec une afro majestueuse peinte à l’aide d’épais pinceau, elle tient un livre intitulé «  how to love black men » soit « comment aimer les hommes noires ».

Cette peinture résonne en moi en raison du regard de cette femme dont les yeux m’ont comme appelés, transpercés, enseignés. J’ai vu dans ses iris toute la dureté d’une réalité qui n’est pas la mienne, toute la complexité d’un monde où s’entremêlent le racisme et le sexisme, le dilemme cornélien d’un être devant se battre pour ces deux causes. Un être perpétuellement traître de par une double nature arbitrairement imposée. J’ai aussi vu une essence saisissante, une force de caractère, un menhir dressé sur une toile de lin. En une fraction de seconde, mon respect était maintenant tout entier à cet être d’acrylique. Puissant de par sa simple existence.

Ensuite, je découvris, à ma grande surprise et pour mon plus grand bonheur une photographie de Zanele Muholini, photographe originaire d’Afrique du sud. C’est iel qui m’a initiée à un art poétiquement engagé au nom de toutes les causes. Ses photographies, portraits mis en scène de sa personne, révèlent une identité morcelée et stéréotypée des populations marginalisées à travers un spectre intersectionel. L’un de ses portraits m’a tout simplement entraîné dans une discussion intérieure : c’est l’histoire, une histoire que son regard et sa posture m’ont transmis.

Le rafia et le collier ainsi que la coiffure traditionnelle furent incorporés dans le tableau de telle sorte que ressortant autant que Zanele , en faisant des sujets du tableau, indépendant de l’être qu’ils mettent en valeur, révélant ainsi l’essence et la dimension identitaire des matières brut ou des pratiques les plus anodines. Grande fan de Muholini, je ne peux qu’applaudir cette œuvre

Finalement, dernière œuvre de cette foire qui m’a profondément touchée a été celle de Sasulan Bamba de Penda Diakité. La vitalité émanant de cette toile aux techniques mixtes m’a tout simplement et tout bonnement ravie, et plus j’en appréciais les détails, plus j’en sentais l’essence couler dans mes veines.

La figure d’une femme composée de bras habillés de bijoux traditionnels, dansant au rythme d’un crocodile, tous deux vibrants sur les ondes d’une musique par eux seuls audible : la musique de la vie même.

Sa force m’a invitée à suivre ses pas, à regarder haut, à chercher la joie et la substance même du bonheur. Le tout à travers des collages éclectiques et des motifs hypnotiques, gravés à même le bois, support de cette œuvre. Une œuvre ou se mêlent la mythologie d’un peuple et l’expression la plus intime de l’âme de l’artiste.

J’y vois là une fierté non nationale, mais bel et bien la fierté d’être en vie, de revendiquer sa culture, son être profond. Et, paradoxalement, au travers de cette fantastique expression de son propre être, une ode à une identité plus globale : celle des femmes des terres nigériennes.

Voici les 3 œuvres qui m’ont marquées au sein de cette foire, que je retiens tout particulièrement. Bien sûr, elles sont loin d’être les seules ! Mais en me fiant à ma mémoire, elles sont les premières à ressurgir de cet après-midi. »